"La rentrée scolaire sera de toute façon désorganisée"
Dans un contexte ultra-tendu, les députés devaient voter ce jeudi le décret-programme qui prévoit une série de changements pour la rentrée. Le secrétaire général du Segec, Alexandre Lodez, déplore une réforme imposée aux enseignants plongés, d'après lui, dans un profond malaise.


- Publié le 05-06-2026 à 06h40
- Mis à jour le 05-06-2026 à 07h02

La période des examens approche, comment l'envisagez-vous ?
Je ne crois pas que l'objectif soit de pénaliser les élèves. Je suis un partisan de l'évaluation continue. Donc, c'est clair que dans une école qui a fait des évaluations en continu, ce n'est pas l'examen qui va changer la face du monde.
En votant le décret ce 4 juin, les directions auront-elles le temps d'organiser la rentrée du 24 août 2026 ?
Au mois de septembre 2025, nous avions formulé au gouvernement des propositions concrètes pour la rentrée 2026. Nous avions formulé cette proposition à ce moment pour y voir plus clair en février, en tenant compte du parcours parlementaire. Ici, qu'ils votent le 4, le 10 juin ou en août… il est de toute façon trop tard pour une rentrée bien organisée et qui réponde à des besoins de société. Quoi qu'il arrive, il y aura une rentrée le 24 août, mais les profs recevront leurs attributions à la dernière minute. Je peux donc comprendre que des enseignants menacent de perturber la rentrée, qui sera de toute façon désorganisée.
Quelles sont désormais les priorités ?
Ce qui doit vraiment être traité dans les prochains mois, c'est l'organisation de la deuxième et de la troisième secondaire suite à l'implémentation du tronc commun. Il y a aussi la question du financement des bâtiments scolaires et le dossier du fameux CDIE (projet de réforme d'un CDI enseignant) et des GPO (groupements de pouvoirs organisateurs). Nous, on a travaillé de notre côté sur une contre-proposition qu'on est en train de discuter avec le monde politique et les autres réseaux. Je pense que Valérie Glatigny est une femme intelligente, et qu'elle finira par se dire qu'il y a effectivement moyen de trouver des solutions ensemble au lieu de nous les imposer.
La vraie question aujourd'hui est de savoir comment recréer un dialogue constructif pour aller de l'avant. En ce moment, les conditions ne sont pas réunies pour remettre le Comité de concertation du Pacte d'excellence en place. Depuis 5-6 mois, nous avons assisté à un peu plus de consultations – mais de manière extrêmement saucissonnée – alors que le grand avantage du Comité du Pacte est qu'il traitait de toutes les questions avec les mêmes acteurs, ce qui leur permettait d'avoir une vue d'ensemble de l'évolution. Mais nous n'allons pas rester sur toutes les erreurs de notre gouvernement. Elles sont une parenthèse dans l'histoire de l'école. Les enseignants seront toujours là lorsque la ministre n'y sera plus. Le temps de l'école n'est pas le même que le temps du politique.
Restez-vous optimiste ?
Oui. C'est peut-être l'avantage de l'âge mais, pour moi, l'école demeure et le politique passe. Il y a une force d'inertie à l'école qui est incroyable. Si les gens se mobilisent comme ça, ce n'est pas pour le plaisir. Je reste donc optimiste. Les capitaines doivent toujours rester optimistes.
