"Un précédent extrêmement grave pour nos institutions démocratiques" : le vote du décret-programme vire au chaos au Parlement de la FWB
Ecolo et le PS réclament la démission du Président du Parlement Benoît Dispa, qu'ils accusent d'avoir mené une entorse aux procédures du règlement parlementaire.

- Publié le 03-06-2026 à 11h39
- Mis à jour le 03-06-2026 à 17h07

Énième retournement de situation au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Initialement prévu pour fin mai, le vote du décret programme II – qui suscite la colère des enseignants – avait été reporté au 10 juin, provoquant un allongement jusqu'en juillet du préavis de grève dans l'enseignement. Mais voilà, ce mardi, la date de la séance plénière portant sur ce fameux décret a été avancée au jeudi 4 juin, 14h00.
Un changement de programme qui serait en réalité illégal, comme l'ont rapidement indiqué plusieurs membres de l'opposition et représentants syndicaux. Et pour cause, le règlement parlementaire contient une disposition prévoyant un délai de 84 heures entre l'approbation d'un rapport de commission et son examen en séance plénière. Le texte ayant été validé en commission du Budget dans la nuit de ce lundi 1er à mardi 2 juin et la dernière commission ayant eu lieu ce matin, il n'aurait normalement pu être débattu en séance plénière qu'au plus tôt le dimanche 7 juin.
Un appel à la démission de Benoît Dispa
Dans les rangs de l'opposition, on pointe notamment du doigt la "complicité" du Président du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles Benoît Dispa (Les Engagés). C'est lui qui est tenu de garantir le respect du règlement et de veiller au bon fonctionnement démocratique de l'institution. Face à cette entorse aux procédures du règlement parlementaire, socialistes et écologistes réclament sa démission. "Le Président du Parlement Benoît Dispa ainsi que les membres MR et Engagés du Bureau, ont forcé l'adoption d'un acte totalement irrégulier et illégal, dans le seul but de permettre au Gouvernement de poursuivre ses réformes dans l'extrême urgence", dénonce le PS. "Il s'agit d'un précédent extrêmement grave pour nos institutions démocratiques, qui emporte une rupture de confiance totale et irrémédiable. Rien ne peut justifier que des représentants politiques se permettent de contourner les règles", ajoutent encore les socialistes.
La réponse ne s'est pas non plus fait attendre du côté des syndicats, qui ont annoncé en front commun ce matin un appel à la grève et une journée de mobilisation exceptionnelle pour ce jeudi.
Des délais supplémentaires
Quoi qu'il en soit, si la commission du budget du parlement de la FWB a approuvé mardi, majorité contre opposition, le projet de décret-programme, elle n'a pas encore pu le renvoyer vers la plénière pour adoption définitive. La cheffe de groupe Ecolo, Bénédicte Linard, tout comme le PTB, ont en effet refusé, en clôture de vote, d'accorder leur confiance au rapporteur sur le texte. Une conférence des présidents du parlement devra être reconvoquée pour planifier une nouvelle séance de commission du Budget afin de vérifier la concordance dudit rapport, et ensuite l'approuver formellement. Cette nouvelle réunion de commission devrait intervenir dans le courant de cette semaine selon toute vraisemblance. L'examen du décret-programme en séance plénière ne devrait, lui, survenir que la semaine prochaine sans doute.
