La Belgique compte près de 750 start-up spécialisées en IA, avec un fort ancrage en Flandre et à Bruxelles
Le Bureau du Plan et l'Université de Gand ont analysé ces jeunes pousses belges. Si les chiffres d'affaires et les effectifs sont en croissance, la rentabilité n'est pas encore au rendez-vous.

- Publié le 25-11-2025 à 06h50

Alors que l'intelligence artificielle se répand comme une traînée de poudre dans le monde de l'entreprise et que les start-up se ruent sur cette technologie pour développer de nouveaux business, le Bureau fédéral du Plan (BFP) dévoile, ce mardi, une étude (*) qui permet de voir dans quelle mesure les start-up belges participent à l'engouement mondial pour l'IA. La Libre a pu prendre connaissance des principales conclusions.
Réalisée en collaboration avec le département d'Économie de l'Université de Gand, l'étude porte sur la période 2010-2023. Elle intègre donc les premiers effets du lancement, fin 2022, des "grands modèles de langage" (LLM) à la base des agents conversationnels (dont le plus populaire est ChatGPT).
Selon les données du Bureau du Plan, la Belgique compte pas moins de 744 start-up spécialisées en IA. La plupart d'entre elles sont actives dans les applications d'IA et seul un petit nombre propose du "hardware" ou du "cloud computing". Selon le BFP, aucune start-up belge créée depuis 2010 ne développe de grands modèles d'IA (comme le font, par exemple, OpenAI, Anthropic, Google ou la start-up française Mistral).
La Wallonie est à la traîne
Autre caractéristique relevée par les auteurs de l'étude : la plupart des start-up d'IA sont implantées en Flandre et à Bruxelles. Plus de la moitié se concentre dans les centres urbains, autour des universités, des écoles supérieures et des instituts de recherche. Bruxelles et Gand arrivent en tête avec respectivement 124 et 108 start-up spécialisées dans l'IA, suivie par Anvers (86) et Louvain (53). Des villes comme Hasselt, Liège, Kontich, Louvain-la-Neuve et Charleroi en accueillent également une dizaine chacune.
Les applications de l'IA développées au sein de ces jeunes pousses sont diverses, mais visent principalement l'automatisation des processus opérationnels ("workflows"), l'aide à la prise de décision et l'apprentissage automatique ("machine learning") pour l'analyse des données et le traitement du langage (comme les chatbots et les logiciels de traduction). On retrouve ces applications dans divers secteurs : le commerce de détail, la distribution, les soins de santé, les transports, l'industrie manufacturière et l'énergie. Les entreprises y ont principalement recours pour la gestion administrative, les tâches de management, le marketing, la vente et les processus de production ou de service.
Priorité à la croissance
Les 744 start-up d'IA se distinguent des autres start-up belges par une stratégie se concentrant sur la croissance de leur chiffre d'affaires et de leur effectif. Elles affichent aussi, en moyenne, de meilleurs résultats en termes de valeur ajoutée et de productivité. "Il y a toutefois un revers à la médaille : leur rentabilité reste pour l'instant à la peine", souligne l'étude.
Ce sont surtout les start-up bénéficiant de capital-risque qui accumulent des pertes. Les autres, en revanche, sont bien représentées dans le petit groupe des start-up belges – spécialisées ou non dans l'IA – qui, en 2023, conjuguaient chiffre d'affaires élevé, effectifs importants et forte rentabilité.
(*) La publication "Belgian start-up in Artificial Intelligence" est disponible en néerlandais et en anglais sur le site https://www.plan.be/. Une synthèse en français est insérée dans la version néerlandaise.
