Bellens : "Vous verrez bien ce que je ferai"

L'ancien CEO de Belgacom, peu loquace depuis sa révocation vendredi, s'est exprimé pour la première fois. "Vous allez voir ce que je vais faire", a-t-il déclaré hier à nos confrères du Nieuwsblad.

Rédaction en ligne et Belga
Bellens : "Vous verrez bien ce que je ferai"
©AFP

Alors que ses proches le disent abattu par sa révocation, c'est un Bellens combatif et sûr de lui qu'a pu entendre la rédaction du Nieuwsblad. "Vous verrez bien ce que je ferai", a-t-il déclaré, "cela apparaîtra étape par étape".
Didier Bellens a été révoqué vendredi car le gouvernement fédéral a estimé que les incidents et polémiques qui se sont répétés ont entamé la relation de confiance entre l'ex-CEO et l'Etat, actionnaire majoritaire de l'entreprise. Le gouvernement a justifié sa décision "par le constat d'un manquement grave aux devoirs auxquels l'administrateur délégué est tenu". Ce constat implique que M. Bellens ne touchera pas d'indemnité de départ. Il y a de fortes chances que Didier Bellens aille en justice.

Un nouvel administrateur à trouver

Le conseil d'administration (CA) de Belgacom a décidé samedi de déléguer provisoirement et avec effet immédiat les pouvoirs de CEO à Ray Stewart, Executive Vice President Finance et Chief Financial Officer, et à Stefaan De Clerck, président du CA, a annoncé l'opérateur lors d'une conférence de presse. Le duo remplacera durant quelques semaines Didier Bellens, le désormais ex-administrateur délégué de Belgacom. Le CA de l'opérateur a indiqué prendre acte de la décision du gouvernement de mettre un terme à la collaboration avec M. Bellens.

"Ce sont des moments difficiles pour le CA et pour Belgacom", a déclaré M. Stewart. "Notre but est de finir l'année avec succès, de tourner la page (Bellens) et d'aller de l'avant", a-t-il poursuivi, estimant qu'il fallait dorénavant que Belgacom soit évoqué dans la presse pour de bonnes raisons. "C'est une tâche difficile, mais, avec mes collègues, je suis convaincu que nous y arriverons. Rien ne va vraiment changer. Nous croyons et soutenons la stratégie qui a été mise en place", a-t-il assuré.

En collaboration avec l'ensemble de l'équipe de management de Belgacom, le duo veillera à ce que "le fonctionnement quotidien de l'entreprise se poursuive en toute sérénité et efficacité". "Nous devions prendre les mesures qui s'imposent afin d'être 'back to business' le plus rapidement possible", a déclaré Stefaan De Clerck.

Le CA a par ailleurs décidé de lancer immédiatement la procédure de recrutement d'un nouvel administrateur délégué pour le groupe Belgacom. Un bureau externe de chasseurs de tête, sélectionné sur la base d'un appel d'offres, sera chargé d'établir une liste succincte de candidats qualifiés, précise l'opérateur. Ray Stewart a annoncé samedi ne pas être candidat à ce poste.

Les candidats les plus aptes seront présentés au gouvernement, qui procédera à la nomination finale, comme le prévoit la loi. "En concertation avec le gouvernement, le CA veillera à ce que cette procédure se déroule de manière rapide et efficace." Le président du CA a estimé ce délai à quelques semaines, espérant aboutir avant la fin de l'année. "Nous ne pouvons toutefois pas garantir ce délai", a-t-il prévenu.

Le salaire du futur CEO sera supérieur aux 290.000 euros fixés par le gouvernement, mais inférieur à la rémunération actuelle de Didier Bellens, a assuré Stefaan De Clerck.

Le CA a enfin précisé ne pas avoir activé la clause de non-concurrence qui se trouvait dans le contrat le liant à M. Bellens. "Nous estimons que cela doit être possible d'avancer avec la société sans invoquer cette clause et que cela ne lésera pas Belgacom. M. Bellens est donc libre de faire autre chose" et de s'engager pour une autre société de télécoms, a assuré Stefaan De Clerck.

Labille veut réinventer des missions, Reynders voir l'Etat passer sous les 50%

Le ministre des Entreprises publiques Jean-Pascal Labille (PS) a proposé dimanche de "réinventer" des missions de service public pour Belgacom, telles que l'internet pour tous, en réponse à une demande du vice-Premier ministre MR Didier Reynders de réduire la part de l'Etat sous les 50% de l'entreprise publique autonome. Pour M. Reynders, interrogé sur le plateau de L'Indiscret (RTBF), l'Etat peut rester le principal actionnaire de Belgacom tout en passant en dessous des 50% de son actionnariat. Il resterait un actionnaire de référence sans avoir "à s'occuper directement de la gestion", a-t-il relevé, notant toutefois que cette décision serait probablement pour un autre gouvernement.

Jean-Pascal Labille, de son côté, n'en voit pas l'intérêt "au-delà du dogme", a-t-il répondu sur le plateau de Mise au Point (RTBF). "La vraie question, c'est quelle mission l'Etat s'assigne-t-il, et à ses entreprises publiques autonomes. Pourquoi ne pas imaginer demain de réinventer des missions de service public, comme l'internet pour tous au sein de Belgacom", a-t-il demandé.

Concernant la rémunération du successeur de Didier Bellens à la direction de Belgacom, M. Labille attend la proposition du comité de rémunération avant de citer des chiffres. Il reconnaît la spécificité (marché très concurrentiel, cotation en bourse) de l'entreprise publique.

Pour M. Reynders, "on ne pourra aller très loin" au-delà de la limite de 290.000 euros augmentée éventuellement de 10% de marge. Il souligne sa préférence pour un francophone, car le président du conseil d'administration est néerlandophone, sans exclure un étranger pour un tel "groupe mondial".

Jean-Pascal Labille, quant à lui, estime que le candidat pourrait très bien aussi être issu des services publics.


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