La revue de Michel Onfray "Front populaire" tombe entre les mains de Vincent Bolloré
Lagardère News, groupe désormais entre les mains de Bolloré, a racheté le trimestriel dirigé par le philosophe.

- Publié le 27-08-2026 à 09h33
- Mis à jour le 27-08-2026 à 15h48

La revue Front populaire, fondée par l'essayiste Michel Onfray, a été rachetée par Lagardère News, groupe dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré depuis 2023 et qui regroupe déjà le JDD et le JDNews, selon un document dont l'AFP a eu connaissance mercredi, confirmant une information révélée par le média d'investigation La Lettre.
Lagardère Media News, contrôlé par Louis Hachette Group, dont le groupe Bolloré est le principal actionnaire, a pris 90 % du capital des Éditions du Plénïtre, qui éditent Front populaire et dont Michel Onfray conserve 10 %.
Ce rachat s'inscrit dans une série d'opérations menées ces dernières années par Bolloré
Le philosophe, qui n'a pu être joint par l'AFP, reste directeur général et directeur de la publication, qu'il avait lancée en 2020 pour rallier à l'époque les souverainistes de tous bords.
Sollicité par l'AFP, Lagardère News n'a pas réagi dans l'immédiat.

Offensive continue de Bolloré
Ce rachat s'inscrit dans une série d'opérations menées ces dernières années dans les médias et l'édition par Vivendi, alors contrôlé par le groupe Bolloré. Le groupe avait acquis Editis en 2019, avant de racheter en mai 2021 la totalité de Prisma Media, qui détient notamment Capital, Femme Actuelle, Geo ou Voici. En novembre 2023, Vivendi a ensuite finalisé sa prise de contrôle de Lagardère, maison mère notamment de Hachette Livre, Europe 1 et du JDD. Il avait pour cela dû céder Editis au milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, afin de respecter les règles des autorités européennes de concurrence, afin de ne pas constituer un monopole.

Rappelons également que le milliardaire tchèque est derrière le magazine Franc-Tireur, fondé par Caroline Fourest et Denis Olivennes et rejoint par Raphaël Enthoven.
Fin 2024, la scission de Vivendi a, quant à elle, conduit à la création de Louis Hachette Group, regroupant la participation majoritaire dans Lagardère et 100 % de Prisma Media, tandis que Canal + et Havas devenaient également des entités cotées en Bourse séparément.
Avant ce rachat, Michel Onfray est devenu une figure des médias dans l'orbite du milliardaire conservateur, avec une émission sur la chaîne CNews et des interventions régulières dans le JDD et le JDNews.
Michel Onfray a notamment pris la défense de la chroniqueuse pro-Kremlin de ces médias, Xenia Fedorova (ancienne directrice de RT France, ex-Russia Today), qui a fait l'objet d'un arrêté d'expulsion du territoire par l'État français et un gel de ses avoirs. Elle est accusée d'être "un relais des campagnes de désinformation pilotées par les autorités russes" pour "déstabiliser l'ordre public" en France, ce dont elle se défend.
Une influence scrutée de près…
Vincent Bolloré se revendique "démocrate-chrétien" mais est accusé par ses détracteurs de promouvoir des idées d'extrême droite au sein des médias (CNews, Europe 1, JDD…) et des maisons d'édition (Fayard…) dans son giron. Son influence est scrutée de près à l'orée de la campagne présidentielle de 2027.
Michel Onfray s'était fait connaître du grand public en fondant, en 2002, l'Université populaire de Caen, qu'il a quittée depuis, et avec ses livres de vulgarisation de la philosophie.
Ces dernières années, ses interventions ont néanmoins régulièrement fait polémique. Fin mars 2026, il s'est défendu d'accusations de racisme après des commentaires parlant notamment de "mâle dominant" et faisant des comparaisons animalières douteuses pour désigner le nouveau maire LFI (parti de Jean-Luc Mélenchon) de Saint-Denis, Bally Bagayoko, qui avait appelé les agents municipaux à faire "allégeance" après son élection.
Quatremer chez Marianne
Dans un autre style, rappelons que Jean Quatremer va également commencer sa collaboration chez Marianne, après avoir quitté en juillet Libération, après plus de 40 ans de route commune. Une annonce qui avait provoqué certaines craintes au sein de la société des rédacteurs du magazine.
La campagne présidentielle française risque, quant à elle, d'être mouvementée, avant les élections de mai 2027.