Cette pratique des employeurs continue, trois ans après l'instauration du droit à la déconnexion
Malgré l'instauration du droit à la déconnexion, une majorité de travailleurs francophones continuent d'être sollicités en dehors de leurs heures de travail et se sentent souvent tenus de répondre, révèle une enquête récente.

- Publié le 23-03-2026 à 08h58
- Mis à jour le 23-03-2026 à 08h59

Trois ans après l'entrée en vigueur du droit à la déconnexion, près de six employés francophones sur dix (58,3%) sont encore contactés par leur supérieur en dehors des heures de travail, selon une enquête menée par Protime et publiée lundi.
Plus de deux travailleurs contactés sur trois (67,1%) déclarent se sentir obligés de répondre rapidement, d'après cette enquête menée auprès de 1.000 employés belges francophones. Cette pression est plus marquée chez les moins de 35 ans (73,6%) que chez les 35-54 ans (62,4%) et les plus de 55 ans (66,9%). Dans six cas sur dix (61,3%), les employés estiment que la demande aurait pu attendre le lendemain.
Les contacts s'effectuent principalement par téléphone (52,6%), messages de type SMS ou WhatsApp (51,6%), courriels (37,8%) et messageries instantanées (20,3%). Plus d'un tiers des répondants (34,6%) indiquent être contactés de temps en temps, voire souvent, le soir ou le week-end. Pour 23,7% d'entre eux, cela n'arrive que rarement.
Par ailleurs, seuls quatre répondants sur dix (38,2%) affirment que leur entreprise dispose de directives claires en matière de joignabilité en dehors des heures de travail.
"Le droit à la déconnexion ne signifie pas que les travailleurs ne peuvent plus recevoir d'e-mails en dehors des heures de travail. En revanche, ils ne doivent subir aucune conséquence négative s'ils choisissent de ne pas y répondre lorsqu'ils ne sont pas en service", souligne Lode Godderis, professeur de médecine du travail à la KU Leuven.
Le droit à la déconnexion est jugé positivement par 86,7% des répondants. Près de la moitié (47%) estiment que cette mesure a contribué à réduire leur stress professionnel.
Depuis avril 2023, le personnel des entreprises comptant plus de vingt employés n'est plus obligé de répondre aux appels téléphoniques, SMS ou e-mails reçus en dehors des heures de travail, sauf en cas de circonstances exceptionnelles.
