Comment travaillerons-nous en 2050 ? "La technologie est là pour renforcer le travail de l'humain"
Bechtle a demandé aux travailleurs belges comment ils envisageaient l'avenir. Traduction en temps réel, travail entièrement sans fil, poste de travail qui suit le travailleur partout…

- Publié le 24-01-2026 à 18h02
- Mis à jour le 24-01-2026 à 18h15

Comment voyez-vous la technologie dans votre travail en 2050 ? Quels environnements seront considérés comme normaux à ce moment-là ? Pour ses 25 ans de présence en Belgique, Bechtle, distributeur allemand de matériel informatique B2B, a sondé plus de 1000 employés sur la façon dont ils envisagent l'avenir.
La traduction en temps réel pendant les conversations ou les réunions (pour 82 % des sondés), le travail entièrement sans fil (78 %) et un poste de travail qui suit le travailleur partout (avec une connexion à n'importe quel appareil pour reprendre le travail interrompu) (76 %) sont les évolutions qui paraissent les plus normales aux salariés belges.
Les tâches les plus prisées sont l'automatisation de l'administration (41 %), la résolution des problèmes informatiques (38 %) ou encore la gestion de la messagerie (36 %).
Le fait de ne plus avoir de clavier ni de souris (le travail s'effectue par la voix, les gestes ou la pensée) (47 %), des systèmes informatiques capables de s'auto-réparer ou de se remplacer en quelques minutes (47 %) ou la disparition des écrans (tout est projeté dans des lunettes ou des lentilles) semblent moins probables pour les sondés.
"On voit certaines innovations émerger, comme l'assistant IA intégré ou la synchronisation automatique où l'environnement s'adapte à l'utilisateur. Par exemple, quand ce dernier rentre dans une salle de réunion, il est reconnu. Quand il se connecte sur son laptop, s'ouvrent automatiquement les apps avec lesquelles il travaille le plus, les projets qu'il suit…", évoque Jan Degens, Sales Director chez Bechtle.
Selon les répondants, la technologie est là avant tout attendue pour alléger les tâches répétitives. Ainsi, neuf employés sur dix souhaitent lui confier ces tâches. Seul un employé sur dix donc refuse de les externaliser. Les tâches les plus prisées sont l'automatisation de l'administration (41 %), la résolution des problèmes informatiques (38 %) ou encore la gestion de la messagerie (36 %).
Préoccupations
Mais si les Belges croient en la technologie pour faciliter leur travail, seuls 43 % considèrent aujourd'hui leur organisation comme "en phase avec son temps" sur le plan numérique.
Ils expriment aussi des craintes quant aux inconvénients potentiels. La cybercriminalité (48 %) est la préoccupation principale, suivie de la perte de contrôle humain (41 %) et des décisions incontrôlées de l'IA (35 %). Un tiers des sondés redoute en outre une fracture numérique. "Il est important que les travailleurs soient conscients des risques. Certains vont, par exemple, faire appel à l'IA pour certains documents qui se retrouvent sur le web alors que ce n'est pas prévu ni approuvé par l'employeur", mentionne Jan Degens.
Il faut accompagner les entreprises dans leur transition vers davantage de technologie pour qu'elles soient plus inclusives."
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Nombreux estiment que la technologie causera "plus de tort que de bien" au monde du travail en 2050; surtout du côté des francophones (66 % contre 47 % des néerlandophones). "Ils craignent essentiellement des pertes d'emploi, des écarts de compétences entre ceux qui sont formés et ceux qui ne le sont pas et une polarisation des métiers avec le risque de disparition de certains rôles, précise Jan Degens. Il est essentiel de mettre en avant le positif. La technologie est là pour renforcer le travail de l'humain. Il importe dès lors d'accompagner les entreprises dans leur transition vers davantage de technologie pour qu'elles soient plus inclusives. Il convient de maintenir le lien indispensable entre l'innovation technologique et des environnements de travail durables et résolument humains."
Vouloir tout maîtriser
Un réflexe tenace persiste, constate-t-on du côté de Bechtle : celui de vouloir tout maîtriser avant de passer à l'action. "Ce perfectionnisme agit aujourd'hui comme un frein. Il est essentiel d'oser faire les premiers pas avec prudence et intelligence. Les technologies évoluent si vite qu'il n'y a plus de temps à perdre, au risque d'accumuler un retard difficile à combler par la suite", déclare Rik Vera, observateur de tendances, auteur et futurologue. "Vouloir maîtriser est normal pour une organisation car elle souhaite éliminer tous les risques. Mais cela ralentit l'innovation et crée une sorte d'immobilisme", poursuit Jan Degens.
L'étude indique ainsi un rejet des technologies opaques au profit de solutions claires, accessibles et sécurisées proposées par les fournisseurs informatiques. Les attentes prioritaires sont le conseil en sécurité (43 %), une assistance 24 heures sur 24 (36 %), l'accompagnement des collaborateurs (29 %), la transparence dans l'utilisation des données (28 %) et l'éthique (21 %).
La question de la santé
La question de la santé s'invite dans le débat technologique. L'étude révèle que trois employés sur quatre (74 %) considèrent l'impact des technologies sans fil sur la santé comme un enjeu social majeur à l'horizon 2050. Les femmes y accordent une attention accrue. Par exemple, 30 % attendent explicitement des technologies conçues pour le bien-être (un faible rayonnement, par exemple), contre 22 % chez les hommes. Mais ce sont surtout les questions de sécurité et de vie privée (85,5 %) ainsi que celles liées à la durabilité et à la consommation d'énergie (81 %) qui sont jugées importantes en 2050.
