"Un choix en âme et conscience" : Mathilde Vandorpe (Les Engagés) s'est abstenue au moment crucial du vote du décret-programme 2
Mathilde Vandorpe a montré qu'elle ne soutenait pas la loi sur l'enseignement en s'abstenant au moment crucial.
- Publié le 05-06-2026 à 08h57
- Mis à jour le 05-06-2026 à 10h35
Il aura fallu près de 15 heures pour que le décret-programme 2 soit enfin voté, sans surprise, majorité contre opposition. Ce vendredi, vers 4h du matin, le texte est arrivé au bout de son parcours parlementaire malgré des mois de bras de fer, de débats houleux et une massive contestation des acteurs de terrain.
Le scrutin avait attiré plus de 30.000 manifestants dans le centre de Bruxelles, pour s'opposer aux mesures budgétaires qui touchent notamment l'enseignement, dans une ambiance marquée par des violences, des agressions et des insultes. Venant autant des manifestants que de la police.
L'abstention de Vandorpe
La participation des députés de la majorité à ce vote était cruciale. Avec 50 sièges face aux 44 de l'opposition, le moindre absent pouvait faire basculer le vote. Il suffisait que trois députés de la majorité Azur (MR-Engagés) votent contre et ce paquet de lois sur l'enseignement ne serait pas adopté. Ou que six s'abstiennent.

Finalement, sur les 92 votants, seule Mathilde Vandorpe (Les Engagés) n'a pas voté en faveur de son parti et de son partenaire de majorité. Cette ancienne prof et ancienne cheffe de groupe s'est abstenue.
"C'est en mon âme et conscience que j'ai posé ce choix. Ce que je vais dire, je l'ai déjà dit lors du débat budgétaire au mois de novembre. Oui notre rôle est bien de prendre nos responsabilités notamment face à la situation financière compliquée mais plusieurs mesures appelaient à approfondir la réflexion, à envisager des alternatives, à questionner le timier", a justifié la députée. "Non je ne peux pas soutenir les méthodes employées depuis des mois et encore aujourd'hui ni le manque de concertation, ni le timing ni le rapport de force."
Des tensions qui persistent
Dans l'hémicycle, les débats ont été houleux et interrompus à plusieurs reprises par le public. Preuve que les tensions ne sont pas apaisées du côté des professeurs. "Même si les premiers contacts avec les acteurs ont été compliqués, il est de votre rôle de reprendre un vrai dialogue. Même si une négociation est difficile ou si elle semble impossible. Il faut persévérer pour ne plus jamais revivre ce qu'il vient de se passer. Je continuerais toujours à défendre débat d'idées. Rien, rien ne justifie le manque de respect et le mépris", a adressé Mathilde Vandorpe au gouvernement.