Back to the future : vingt ans après l'avoir laissé filer, la Belgique veut reprendre son destin énergétique en main
C'est en 2005 que la Belgique perdait le contrôle de son destin énergétique.

- Publié le 30-04-2026 à 13h55
- Mis à jour le 30-04-2026 à 19h40

La Belgique serait-elle en train de vivre un tournant énergétique majeur ? L'annonce de l'ouverture de négociations exclusives entre l'État belge et Engie, maison-mère d'Electrabel en Belgique, en vue de permettre à notre pays de reprendre en main son secteur énergétique est évidemment majeure.
C'est en 2005 que la Belgique avait entièrement renoncé à la maîtrise de son destin énergétique. Cette année-là, le groupe français Suez (NdlR : devenu au fil des années et des fusions, notamment avec GDF, le groupe Engie), emmené par Gérard Mestrallet, avait lancé une offre publique d'achat (OPA) sur les actions du groupe belge Electrabel, exploitant des centrales nucléaires du pays et coté à la Bourse de Bruxelles.
Au cours des vingt dernières années, les relations entre Bruxelles et Paris ont souvent été orageuses sur ce dossier énergétique, notamment sur la question très sensible de la taxe nucléaire.
Si à l'époque l'annonce avait fait l'effet d'une bombe dans le monde des affaires et suscité un certain nombre de craintes quant à la perte de notre souveraineté énergétique, le gouvernement de l'époque emmené par le libéral Guy Verhofstadt était finalement resté au balcon.
Des relations souvent orageuses
Au terme de cette OPA, la Belgique perdait alors le contrôle de l'un de ses fleurons, dans un secteur pourtant hautement stratégique. Ironie de l'histoire, Philippe Bodson, ancien patron de Tractebel (qui à l'époque détenait Electrabel) avait quelques années plus tôt proposé que son groupe rachète lui-même Suez. Il n'avait pas été suivi alors par le gouvernement et poussé vers la sortie… par Gérard Mestrallet.
Au cours des vingt dernières années, les relations entre Bruxelles et Paris ont souvent été orageuses sur ce dossier énergétique, notamment sur la question très sensible de la taxe nucléaire ainsi que sur les risques et les coûts liés au démantèlement des centrales ainsi que sur la gestion des déchets nucléaires.
Etienne Davignon, l'ex-président de la Société Générale de Belgique, avait régulièrement joué les intermédiaires pour rapprocher les points de vue entre les gouvernements belges successifs et la direction d'Engie. Mais dans ces discussions, le rapport de force penchait souvent du côté de l'Hexagone, laissant le sentiment d'un État belge plutôt piètre négociateur.
Réorientations stratégiques
Mais au fil des années et des réorientations stratégiques vers de nouveaux métiers dans l'énergie, le nucléaire est devenu moins stratégique pour Engie. Et notre pays également par la même occasion.
L'histoire balbutie donc en ouvrant aujourd'hui la perspective d'un retour de notre secteur énergétique sous le contrôle de l'État belge. Cette fois de manière définitive ?
