Le golf séduit de plus en plus les Wallons : comment l'AFGolf veut développer ce sport au sud du pays
La secrétaire générale de l'AFGolf, Emilie Geury, dresse l'état des lieux du golf en Wallonie.

- Publié le 26-02-2025 à 10h38

L'AFGolf est entrée en 2025 avec la ferme intention de poursuivre son développement en suivant ses axes stratégiques. Sur un plan sportif, le golf se porte bien. Les défis ne manquent pas pour les douze prochains mois au sein de cette fédération reconnue auprès de l'Adeps depuis 2020. Avec cette reconnaissance, la porte des subsides s'est ouverte. Les recettes sont classiques (cotisations, subsides Adeps, sponsoring, les events, les stages,..) tout comme les dépenses (fonctionnement de la fédération, le sport de haut niveau, le sport pour tous, la communication, les assurances, la durabilité,…)."Nous trouvons un équilibre financier sans générer de surplus, précise la secrétaire générale Emilie Geury. Nous voulons favoriser la pratique du golf en Fédération Wallonie-Bruxelles sous tous ses aspects : récréatif, compétitif et de haut niveau."
1. Fidéliser les nouveaux membres
Comme de nombreuses fédérations sportives à travers le monde, l'objectif premier concerne l'élargissement de la base : l'AFGolf multiplie ses efforts pour attirer de nouveaux adeptes. "Nous recherchons de nouveaux membres, mais surtout nous voulons les fidéliser." Actuellement, la fédération recense 28 800 pratiquants (près de 50 000 en Flandre) ce qui en fait le septième sport le plus pratiqué en Wallonie et à Bruxelles. "Nous avons une progression stable de l'ordre d'un à deux pour cent. Si nous accueillons 4 000 nouveaux affiliés, nous voyons aussi que nous avons presque autant de départs. Sur les 4 000 personnes qui ont arrêté l'an passé, on remarque que la moitié jouait depuis moins de 3 ans." D'où, le lancement d'une task force pour identifier l'origine de cet exode. "Nous savons que les deux premières années sont cruciales. Le coût n'est pas le frein principal, mais il est essentiel de trouver un équilibre entre le temps investi et la progression. L'apprentissage du golf demande de la patience et de la rigueur, ce qui en fait un sport exigeant mais gratifiant." En effet, "chaque nouveau membre suit une formation incluant l'apprentissage des règles du jeu. Cette étape lui permet d'acquérir les bases essentielles pour évoluer sereinement sur le parcours." Une partie des candidats se découragent et renoncent en cours de route.
"Depuis quelques années, nous avons élaboré avec les clubs un package commun pour les débutants afin de faciliter les premiers pas. Nous prévoyons des events spécialement organisés pour eux."
2. Un développement harmonieux du golf en Wallonie
Avec 39 clubs en Wallonie, le golf s'est implanté dans toutes les provinces avec un intérêt accru en Brabant wallon et à Liège. "Depuis l'année passée, l'AFGolf compte deux nouveaux clubs : Golf du Bois d'Arlon et Golf & Academy Beaufays", ajoute Emilie Geury. "Cette expansion témoigne de l'attrait grandissant pour le golf et de la volonté de la fédération d'accompagner son développement. Nous sommes présents dans toutes les provinces." En Flandre, les pratiquants se répartissent entre 55 clubs.
3. Féminiser la discipline
À l'heure actuelle, sept golfeurs sur dix sont des hommes. Avec 31 % de femmes, le golf a encore du chemin à parcourir pour atteindre la parité. Pourtant, ce sport se distingue par son accessibilité à tous et peut être pratiqué à tout âge, notamment en famille. L'AFGolf s'engage activement à promouvoir le golf auprès des femmes en encourageant leur participation à travers des initiatives dédiées.
4. Casser certaines étiquettes
Un sport de vieux ?
Le golf est souvent perçu comme un sport de vieux, ce qui s'explique simplement par le fait qu'il se pratique durant toute une vie. "Cela ne veut pas dire qu'on joue avec la même fréquence chaque année. Notre moyenne d'âge est élevée." Elle se situe précisément à 53,5 ans selon des chiffres fournis par la fédération francophone.
L'objectif est de rajeunir cette moyenne en attirant plus d'enfants et d'adolescents. Pour cela, l'AFGolf met en place divers programmes adaptés aux jeunes, notamment des initiations dans les écoles, des compétitions dédiées et des rencontres avec des golfeurs professionnels pour les inspirer. "Par ailleurs, des critères de sélection ont été établis pour repérer et encadrer les jeunes talents âgés de 9 à 23 ans, leur offrant ainsi les meilleures conditions pour progresser et s'épanouir dans ce sport."
Un sport qui coûte cher ?
Le golf fait partie de ces quelques sports qui semblent inaccessibles pour une tranche de la population. Le coût est souvent mis en avant. Les étiquettes ne se décollent pas facilement. Actuellement, un golfeur peut s'adonner à sa passion sans dépenser des centaines d'euros. "Je dirais qu'il y en a pour tous les coûts", reprend Emilie Geury. "Les formules d'apprentissages commencent dès 150 euros en fonction de ce que vous recherchez." La majorité des clubs proposent différentes formules et cotisations adaptées aux envies et aux niveaux de chacun, contribuant ainsi à la démocratisation du golf. De plus, ils offrent une diversité d'infrastructures et d'accès, allant des parcours 9 ou 18 trous aux zones d'entraînement comme les practices et les putting greens.
Le matériel suit la même logique. Dans un magasin grand public dédié au sport, il existe des kits pour débutant pour la modique somme de 170 euros. Si on entre dans une gamme plus premium, on atteint les 350 euros.
Un sport de pollueurs ?
La fédération s'engage activement dans une démarche environnementale en collaborant avec la GEO Foundation, une organisation qui met en avant l'impact positif du golf sur l'écosystème. Contrairement aux idées reçues, souvent erronées, qui associent le golf à une activité polluante, les parcours sont en réalité de véritables refuges pour la biodiversité.
Avec plus de 2 500 hectares de superficie en Wallonie et à Bruxelles, dont 50 % d'espaces sauvages, les golfs offrent un environnement propice au développement de la faune et de la flore. La création de haies, de zones naturelles et d'espaces préservés favorise l'équilibre écologique et la richesse des écosystèmes. Le golf n'est donc pas seulement un sport en plein air mais aussi un acteur engagé dans la préservation de la nature.
5. L'âge d'or du golf belge, c'est maintenant
La Belgique peut être fière de compter parmi les meilleures nations du golf mondial grâce à des talents exceptionnels qui brillent sur la scène internationale. La victoire historique récente de Thomas Detry confirme son statut parmi l'élite du golf. Avec Thomas Pieters, Nicolas Colsaerts et Adrien Dumont de Chassart, la Belgique aligne quatre champions qui évoluent au plus haut niveau et bénéficient d'une reconnaissance impressionnante, notamment aux États-Unis, où le golf est un sport majeur.
Du côté des femmes, Manon De Roey porte haut les couleurs du pays et sera bientôt rejointe par Savannah De Bock, une étoile montante, à seulement 19 ans.
Ce succès ne doit rien au hasard : la Belgique mise sur la détection et la formation des jeunes talents dès leur plus jeune âge. Avec un tel vivier de talents et un encadrement structuré, la Belgique continue de s'imposer comme une terre de champions, prête à rivaliser avec les plus grandes nations.
