Golf : une grande menace fait trembler tous les clubs wallons

Une délégation de la fédération francophone a rencontré le ministre Coppieters pour sauver le golf en Wallonie.

Voici un exemple de green qui se dégrade à cause du zéro phyto en Wallonie et à Bruxelles.
Voici un exemple de green qui se dégrade à cause du zéro phyto en Wallonie et à Bruxelles. ©D.R.

Le monde du golf en Wallonie est en émoi. Depuis 2018, un péril menace la qualité des greens, ce qui, à terme, pourrait rendre la pratique du golf impossible. Comment une directive européenne datant de 2009 peut-elle avoir un tel impact sur la seule Wallonie ? Retour sur une histoire dont l'Association francophone belge de golf se serait bien passée.

En 2009, une directive européenne demandait aux États membres de réduire les produits phytosanitaires, c'est-à-dire une substance de nature chimique ou biologique utilisée pour protéger les plantes ou pour optimiser les cultures en favorisant la croissance. En Belgique, la compétence est régionalisée. En Flandre, le 'zéro phyto'a été appliqué avec des dérogations. Notamment pour les greens. En Wallonie, la tolérance zéro a été appliquée.

La pratique du golf est en danger en Wallonie et à Bruxelles.
La pratique du golf est en danger en Wallonie et à Bruxelles. ©D.R.

Le 1er juin 2018, le décret est entré en application. Il touche de nombreux domaines dont le monde du sport (golf, football,…), les cimetières, les chemins de fer,… Cela ne touche pas le monde agricole. "Depuis plus de six ans, nous avons rencontré les cabinets des différents ministres de l'environnement. Le ministre Di Antonio avait fait passer le projet d'amendements en première puis en deuxième lecture, mais la chute du gouvernement avait bloqué le processus. Ensuite, la ministre Tellier (Ecolo) n'a pas donné suite à nos demandes", nous explique la secrétaire générale de l'AFGolf, Emilie Geury. Avec l'arrivée en juillet 2024 du ministre Coppieters, le dialogue a été rétabli. Jeudi, à 17 h, les dirigeants de l'AFGolf se sont rendus au cabinet d'Yves Coppieters afin d'entamer un dialogue constructif.

La fédération francophone n'a pas attendu ce rendez-vous pour trouver des alternatives en lançant des groupes de recherche, mais le décret wallon ferme la porte à tout plan B car le produit phytosanitaire englobe tout. Concrètement, les produits autorisés sur les fraises bios qu'on mange ne peuvent pas être utilisés sur les greens.

Les responsables des entretiens des 39 clubs en Wallonie et à Bruxelles doivent gérer 2 235 hectares de terrain, dont seulement 1 % représente les greens. "Sans entretien, on assiste à l'apparition de trous qui empêchent la balle de rouler correctement et de champignons, à savoir les maladies les plus courantes : la fusariose et le dollar spot."

Les dirigeants de club ont pris les devants pour préserver les terrains de golf francophones. Chacun y va de sa "bonne idée", mais l'équation reste complexe. Partant du principe que l'humidité du gazon est la source du problème, les responsables des infrastructures ont pris des mesures plus radicales en abattant certains arbres pour améliorer l'ensoleillement. D'autres retirent de manière mécanique la rosée du matin. "L'impact sur l'environnement est également à prendre en compte dans ces mesures. Nous demandons donc de dresser un cadre dérogatoire avec un protocole très strict : utilisation en dernier recours, fermeture de la parcelle traitée durant 12, 24 ou 48 h… Notre priorité reste la protection de l'environnement et de la santé humaine."

Le temps presse car les clubs voient les greens se dégrader à grande vitesse. Toutes les alternatives sont néfastes, peu efficaces et coûteuses. Si la Flandre a été capable de prévoir des dérogations dès 2018, il n'y a aucune raison que la Wallonie ne puisse pas s'aligner. La balle est dans le camp du politique.

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