Vous avez postulé sur LinkedIn ? Des faux recruteurs chinois pourraient avoir ciblé votre profil
Derrière certaines offres d'emploi publiées sur des plateformes bien connues, se cacherait un objectif très différent de celui d'un simple recrutement.
- Publié le 05-06-2026 à 15h29

Répondre à une offre d'emploi, passer un entretien, puis rédiger une analyse payée. En apparence, un parcours banal. Pourtant, pour les services de renseignement de cinq pays occidentaux, ce scénario peut cacher autre chose : une tentative de collecte d'informations sensibles via des plateformes comme LinkedIn, Indeed ou Upwork.
Dans un bulletin commun publié mercredi, les services du Royaume-Uni, des États-Unis, du Canada, de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande affirment que la Chine utiliserait de plus en plus les sites de recrutement et de réseautage professionnel pour cibler des personnes susceptibles d'avoir accès à des données confidentielles.
Le document, relayé notamment par la BBC et publié par le MI5 britannique, évoque "un éventail de plus en plus large de sites de réseautage professionnel et de plates-formes d'emploi en ligne".
Les profils visés ne se limitent aux militaires. Les agences alertent sur "toute personne ayant accès à des informations classifiées ou privilégiées", notamment les universitaires et les journalistes.
Une méthode bien rodée
La méthode décrite reste classique. Des individus se font passer pour des recruteurs, publient de fausses offres d'emploi et contactent des candidats après une sélection sur CV. Les entretiens se déroulent ensuite en ligne.
Selon les services de renseignement, ces échanges servent surtout à évaluer les accès et les réseaux des candidats. Les faux recruteurs chercheraient à identifier leurs liens avec des administrations publiques et leurs connaissances en matière de défense.
Dans certains cas, les candidats doivent aussi écrire un rapport sur des thèmes comme le commerce, la défense ou les relations internationales de la Chine. Les échanges se poursuivent ensuite sur des messageries chiffrées, avec des demandes qui deviennent progressivement plus sensibles.
D'après The Guardian, les personnes impliquées recevraient entre quelques centaines et plusieurs milliers de dollars par rapport fourni. Les paiements transiteraient via PayPal, Payoneer, Wise, Skrill, Zelle ou encore Western Union, ainsi qu'en cryptomonnaies.
Une pression progressive
Le bulletin indique que "les candidats retenus subissent des pressions pour fournir des informations 'non publiques' à des clients non spécifiés qui sont associés au gouvernement chinois". Les agences rappellent enfin que la divulgation non autorisée d'informations protégées peut entraîner des poursuites pour espionnage.
L'ambassade de Chine rejette ces accusations. Un porte-parole parle d'une menace "totalement fabriquée" et dénonce une "diffamation malveillante". Selon lui, les véritables activités de renseignement problématiques seraient celles des pays membres des Five Eyes.

