Un non-sens, la taxe visant les hauts patrimoines ? Voici la réponse d'Yvan Verougstraete au patron d'Odoo
Tout le monde doit participer à l'effort, dans le contexte budgétaire actuel, souligne notamment le président des Engagés.

- Publié le 24-06-2026 à 18h21
- Mis à jour le 26-06-2026 à 14h18

Yvan Verougstraete n'a pas tardé pour répondre au texte musclé que Fabien Pinckaers a posté, ce mercredi, sur son compte LinkedIn. Un post dans lequel le fondateur et patron d'Odoo critique vertement la proposition du parti Les Engagés de taxer, annuellement et de manière progressive, les hauts patrimoines, à partir de 500 000 euros (hors immobilier).
Pour rappel, le patron de l'entreprise wallonne de logiciels s'insurge contre une telle taxe en expliquant qu'elle constituerait un non-sens économique parce qu'elle frapperait notamment des actifs non liquides investis dans l'économie réelle plutôt que de l'argent disponible. Et qu'elle forcerait des entrepreneurs comme lui à devoir choisir entre perdre le contrôle de leur entreprise ou s'exiler, ce qui provoquerait une fuite des talents et des capitaux au détriment de l'économie belge.
Que répond le président des Engagés – connu pour avoir fondé la société Medi-Market – au CEO d'Odoo ?
Un : qu'il est prêt à "réfléchir aux modalités de la mesure, que ce soit un 'plafond' ou un régime spécial pour ceux qui sont actifs dans leur entreprise", lance-t-il. "On peut même discuter d'un cap ou de la possibilité de déplacer la contribution pour ceux qui détiennent des actions peu liquides, précise-t-il. Je ne suis pas dogmatique et je pense que personne ne doit l'être en la matière. Tu l'as compris, c'est le principe que j'ai voulu remettre sur la table et ce principe me semble juste".
"Je n'ai jamais, vraiment jamais, 'stigmatisé les riches' "
Deux : Yvan Verougstraete se défend de "stigmatiser les riches", regrettant au passage de se faire traiter de "communiste" sur les réseaux : "Comme tu le sais, j'ai, moi aussi, créé des entreprises et suis plus que convaincu que les entrepreneurs sont un des moteurs essentiels de notre économie et donc aussi de notre solidarité. Ce que je défends, c'est l'équité ou, pour reprendre Aristote, un juste équilibre entre la justice distributive et commutative, entre droits et efforts".
Le plus gros effort d'assainissement des finances publiques depuis 50 ans
Trois : Yvan Verougstraete rappelle que tout le monde doit participer à l'effort, dans le contexte budgétaire actuel – une chasse aux 7 milliards d'euros minimum. Il cite plusieurs catégories de personnes qui ont déjà été visées par des mesures récentes : professeurs du secondaire supérieur qui n'ont pas envie de prester deux périodes de cours face à la classe de plus, personnes dont les pensions vont être rabotées, demandeurs d'emploi qui ne trouvent pas de job malgré une vraie recherche et ne peuvent plus émarger au chômage après deux ans… "Si on ne demandait pas un effort à tout le monde, si on ne faisait pas le plus gros effort d'assainissement des finances publiques depuis 50 ans, je pourrais entendre ton discours", écrit Yvan Verougstraete.
Enfin, ce dernier conteste plus fermement le fait que Fabien Pinckaers ne disposerait pas de l'argent pour payer une telle taxe (30 millions par an, selon le CEO d'Odoo). Et qu'il n'aurait pas d'autres choix que de devoir céder une partie du capital de son entreprise ou de quitter la Belgique… "Quand on dispose d'actifs d'une valeur de plus de 5 milliards d'euros, avec ces actifs ou avec l'effet de levier qu'ils représentent, toutes les possibilités pour réaliser un rendement de 10 % sur le long terme sont à disposition. 10 % de 5 milliards, c'est 500 millions. Quand bien même la personne qui a un tel capital décide de le gérer de manière très défensive et que la valorisation de son entreprise est exagérée, je ne peux pas croire qu'elle n'arriverait pas à générer 3 % de revenus chaque année. 3 % de 5 milliards, c'est 150 millions", argumente le patron des Engagés. Qui conclut : "Je voudrais donc insister sur le fait que je suis ouvert à la discussion, avec tous ceux qui le veulent bien, pour voir comment on peut s'assurer que chacun fasse sa part pour relever le pays… À disposition pour en parler !".
