Après avoir longtemps tergiversé, Les Engagés clarifient leur position sur l'impôt sur la fortune : "Nous demandons une contribution raisonnable"
Ils proposent un impôt progressif sur les patrimoines financiers supérieurs à 500 000 euros.

- Publié le 22-06-2026 à 18h09
- Mis à jour le 22-06-2026 à 19h06

Impôt sur la fortune, taxation des grands patrimoines, contribution des épaules les plus larges… Appelez cela comme vous voulez, l'intention reste la même : renflouer les caisses de l'État en allant chercher de l'argent chez les gens qui ont le plus de moyens.
Face au défi budgétaire qui attend le gouvernement fédéral – au moins 7 milliards d'euros à trouver d'ici à 2029 –, Les Engagés mettent sur la table "une contribution des plus grands patrimoines financiers", ceux supérieurs à 500 000 euros.
La contribution toucherait les 5 % des patrimoines financiers les plus élevés et rapporterait entre 1 et 2 milliards d'euros par an.
Selon un communiqué diffusé lundi par le parti, il s'agirait d'une taxe progressive de 0,15 % sur les patrimoines financiers entre 500 000 à 1 million d'euros ; de 0,30 % entre 1 et 2 millions ; de 0,45 % entre 2 et 3 millions ; et de 0,60 % au-delà de 3 millions d'euros. Les Engagés insistent : le patrimoine immobilier (maisons, appartements, immeubles) est exclu de cette taxation.
Dans le programme des Engagés
Les centristes ont longtemps soufflé le chaud et le froid à propos de l'impôt sur la fortune. En 2011, le secrétaire d'État au Budget, Melchior Wathelet (sous l'étiquette CDH, devenu Les Engagés), le qualifiait de "fausse bonne idée". "Cet impôt, disait-il, sera surtout un incitant à sortir, à partir ou à utiliser la mobilité [des] revenus mobiliers. Les pays qui ont essayé d'instaurer cela se sont tous plantés."
Petit à petit, les centristes se sont pourtant ralliés à l'idée. En 2019, l'ancien ministre wallon Carlo Di Antonio disait ne pas s'opposer à l'impôt sur la fortune, à condition qu'il se fasse à l'échelle européenne. En 2022, Les Engagés, à l'issue de la refondation du CDH, jugeaient "légitime d'instaurer temporairement une contribution annuelle de solidarité de 1 % sur le 1 % le plus riche de la population", selon le président d'alors, Maxime Prévot (aujourd'hui ministre des Affaires étrangères).
Cet "impôt sur la fortune ciblant les 1 % les plus riches" était d'ailleurs repris en ces termes dans le programme électoral 2024 des Engagés. Pourtant, la réforme fiscale (baptisée "Plan stratégique Fiscalité et Travail") qu'ils avaient présentée durant la campagne électorale ne mentionnait pas cette contribution.
Au sein du gouvernement fédéral, Les Engagés sont de ceux – avec Vooruit en tête – qui ont poussé pour la création d'une taxe sur les plus-values financières afin, disaient-ils, de faire contribuer davantage les épaules les plus larges à l'effort budgétaire. Cet impôt traduisait bien la philosophie défendue jusqu'ici par leur président, Yvan Verougstraete : taxer non pas le grand capital en tant que tel, mais les revenus générés par celui-ci.
Un axe avec Vooruit
Aussi, Les Engagés opèrent-ils un tournant en matière de fiscalité. Pour la première fois, ils couchent sur papier une proposition d'impôt qui vise le capital lui-même et plus seulement ses revenus. La contribution, selon leurs calculs, toucherait les 5 % des patrimoines financiers les plus élevés et rapporterait entre 1 et 2 milliards d'euros par an. Ils constatent que cette contribution resterait très inférieure aux revenus générés par ces patrimoines, et précise que la taxe sur les comptes-titres (qui est déjà un impôt sur le capital financier) pourra en être déduite.
Enfin, les centristes estiment nécessaires l'instauration de mécanismes permettant d'éviter la fuite des capitaux vers l'étranger.
"Nous protégeons les classes moyennes, nous protégeons l'épargne de précaution, mais nous demandons une contribution raisonnable aux patrimoines financiers les plus élevés. Dans une période où chacun est appelé à faire un effort, personne ne peut être dispensé de participer", défend Yvan Verougstraete. Les Engagés pourront former un axe en ce sens avec Vooruit, peut-être rejoints par le CD & V. Par contre, le MR a déjà dit tout le mal qu'il pensait de la mesure.
