Côte belge : les seconds résidents paient deux fois plus de taxes que les habitants
En 2020, la taxe sur les secondes résidences a rapporté 79,1 millions d'euros aux communes côtières.

- Publié le 28-04-2022 à 11h00

Libre Immo |
Plus que jamais, les propriétaires d'une seconde résidence dans une des dix communes de la Côte belge sont devenus des cibles fiscales de choix, rapporte la Confederatie van Immobiliënberoepen (CIB) Vlaanderen, la confédération des immobiliers de Flandre, dans son analyse des recettes fiscales effectuée sur base de données fournies par le SPF Économie.
Et pour cause, d'après la CIB Vlaanderen, entre 2006 et 2020, soit sur une période de 15 ans, le revenu cumulé de la taxe sur les secondes résidences prélevée par les communes du littoral a augmenté de près de 120 %, passant de 36 à 79,1 millions d'euros. Désormais, selon la station balnéaire, la taxe de seconde résidence varie entre 550 et 1 191 euros par an, à laquelle s'ajoute une taxe provinciale de 128 euros par an. "Les seconds résidents sont devenus les vaches à lait de s communes côtières", déplore la CIB.
Tant et si bien que les seconds résidents rapportent plus aux communes du littoral que leurs premiers résidents. En 2020, la taxe sur les secondes résidences a dépassé de presque cinq millions d'euros la totalité des centimes additionnels communaux à l'impôt sur le revenu des personnes physiques (74,2 millions d'euros). Depuis 2013, les recettes des deux taxes sont généralement assez proches, l'une l'emportant sur l'autre selon les ans. Mais jamais dans une telle proportion. "2019 sera peut-être la dernière année où les additionnels communaux à l'impôt sur le revenu des personnes physiques ont rapporté plus que la taxe sur les résidences secondaires", relève la CIB.
Deux fois plus de recettes liées aux seconds résidents
Avec ceci que les calculs de la confédération flamande sont faussés par les données fournies pour la Ville de Bruges, qui englobe l'entité de Zeebruges, à la Côte. Ainsi, l'administration brugeoise perçoit 38,6 millions d'euros d'additionnels communaux et seul 1,3 million d'euros de taxe sur les secondes résidences. "Si l'on ne prend en compte que les neuf autres communes littorales, il est question de 77,8 millions d'euros de taxe sur les résidences secondaires, soit plus du double des additionnels communaux qui s'élèvent à 35,6 millions d'euros, souligne Kristophe Thijs, directeur de la communication de la CIB Vlaanderen. Les communes côtières perçoivent donc deux fois plus d'impôts auprès des seconds résidents qu'auprès de leurs propres résidents principaux, et même davantage. Ce rapport n'a fait que s'accentuer au fil des ans."
