"La Côte d'Opale reste moins chère que la Côte belge, même si les prix explosent depuis la crise"
La Côte d'Opale reste une terre promise pour les seconds résidents belges. C'est le constat que pose un promoteur franco-belge actif dans les logements de villégiature au large de la côte française.
- Publié le 03-11-2021 à 14h11
- Mis à jour le 03-11-2021 à 14h14

En matière de secondes résidences, les confinements successifs liés à la crise sanitaire ont montré que la proximité avec la Belgique était un critère déterminant. Nombre de Belges ont jeté leur dévolu sur les régions limitrophes, en douce France comme ailleurs. Et ce, d'autant que, sur le sol belge, l'Ardenne et la Côte ont été tant et tant plébiscitées que les prix y sont montés en flèche.
Ainsi, à la fin de l'été, Fednot, la Fédération royale du notariat belge, indiquait que le long de la mer du Nord, les transactions avaient augmenté de plus de 38 % par rapport à la période "pré-Covid". Un boom de l'activité qui a inévitablement entraîné une hausse des prix allant parfois jusqu'à 11 % (Heist) ou 12 % (Westende).
Voisine, la Côte d'Opale a, elle aussi, largement profité de l'intérêt renouvelé des seconds résidents belges, en particulier dans les pittoresques stations balnéaires du Touquet, de Hardelot ou de Wimereux. De plus en plus populaire même pour les destinations d'un jour ou deux, cette partie de la côte française " attire depuis des années des milliers de Belges ", observe Stephane van de Velde, CEO de la société Twin Promotion, qui y développe plusieurs projets immobiliers. " Nos résidences sont généralement très prisées au-delà de la frontière. Le dernier projet en date, baptisé Trésor d'Opale, ne fait pas exception. Sur près de 70 appartements, plus de 60 ont été sélectionnés par des acheteurs wallons et bruxellois ! Ceci confirme une tendance observée depuis longtemps, que le Baromètre de la seconde résidence de BNP Paribas Fortis confirme année après année : la France est le deuxième pays étranger le plus sollicité par les Belges, et ce, entre l'Espagne et les Pays-Bas ", rappelle-t-il.
Et son collègue Lionel Vandecasteele, directeur général de Twin Promotion, d'aller plus loin dans son analyse. " Si on prend en compte toutes nos dernières ventes, on arrive à 50 % d'acheteurs français et 50 % de Belges" , confirme-t-il. Le profil des acheteurs belges change aussi. "Avant la crise sanitaire, il s'agissait surtout de personnes qui connaissaient la région ou qui venaient de régions belges proches de la Côte d'Opale. Depuis quatre à cinq ans, nous vendons des biens à des Belges de toutes les provinces : Bruxelles, Liège, Namur, etc. "
Un beau score pour cette entreprise aux capitaux majoritairement belges, qui a aussi su profiter de nouvelles infrastructures locales. " Je dirais que tout a commencé depuis la création de l'autoroute qui va vers la Côte d'Opale, la Somme et l'Oise, il y a une petite vingtaine d'années. D'année en année, cela s'accélère ", pointe Lionel Vandecasteele.
Plus de nature, moins de béton
Les projets fleurissent en différents endroits de la Côte d'Opale. Car la région a l'avantage d'être grande et d'offrir de vastes espaces verts le long des côtes. Un must pour les acheteurs belges qui ne veulent plus du béton caractéristique de la Côte belge. " Il y a plusieurs raisons qui attirent les Belges. Déjà, la Côte d'Opale est très peu construite, mis à part les plus grandes villes. La nature y est aussi bien protégée et nous sommes clairement dans un marketing environnemental car les gens recherchent ce terroir et cette nature. C'est une tendance en toile de fond qui devient exponentielle ", rapporte le directeur général de Twin Promotion. " C'est marrant, car on ne croyait pas du tout au tourisme dans cette région de France il y a quelques dizaines d'années. "
Finalement, le Covid-19 n'aura fait que renforcer l'attrait des Belges. " Bloqués chez eux, les gens ont pris le temps de réfléchir à un nouveau projet. Et la Côte d'Opale reste moins chère que la Côte belge, même si les prix explosent depuis la crise, comme partout ", conclut Lionel Vandecasteele.
