"Nous ne pouvons accepter cette violence"
Alors qu'Audi Brussels doit fermer ses portes le 28 février, d'ultimes tensions éclatent, en particulier avec les sous-traitants. La direction regrette certaines actions "agressives" et estime ne pas avoir à interagir avec les plans des sous-traitants.

- Publié le 18-02-2025 à 15h35
- Mis à jour le 18-02-2025 à 16h18

Les sous-traitants d'Audi, qui estiment être les oubliés du plan social de l'usine de Forest qui fermera ses portes le 28 février, ont bloqué l'usine ce mardi. Environ 150 personnes travaillant pour Rhenus Automotive Logistics, Imperial Logistics (DP World), Mosolf et SeSe- empêchaient le personnel d'Audi (ceux qui ont accepté une petite prime pour finir la production) d'accéder à l'usine.
Ils estiment que les primes uniques pour le licenciement sont trop basses. Chez Imperial Logistics, ou Rhenus, il est question de 962 euros à 3 500 euros brut, soit entre 200 et 300 euros brut par année d'ancienneté.
Selon les syndicats, les travailleurs d'Audi Brussels recevraient, eux, en moyenne 4 800 euros par année d'ancienneté (base commune + prime légale et extra-légale).
"On réclame notre dû"
"Cela fait plusieurs mois que nous menons des actions devant l'usine parce que nous ne sommes pas contents du plan social proposé par notre employeur. On réclame notre dû", a déclaré Khalid Taybi, délégué CNE au sein de Rhenus ce mardi matin.
Mardi après-midi, après avoir réagi une première fois, la direction a souhaité réagir plus en détail.
"Environ 80 employés de certains fournisseurs ont bloqué toutes les entrées de notre usine à partir de 5h15 ce matin. Ils ont empêché les collaborateurs d'Audi Brussels – dans certains cas sous la menace de violences – d'entrer dans l'usine, de sorte que la production prévue n'a pas pu avoir lieu", regrette Peter D'Hoore, porte-parole d'Audi Brussels.
"En outre, nous avons observé que certains des activistes des fournisseurs étaient très agressifs et ont causé des destructions. Par exemple, un certain nombre de portes d'accès ont été forcées et endommagées", poursuit le porte-parole.
"Audi n'interviendra donc pas dans cette affaire et ne fournira aucun financement."
"Par ailleurs, nous avons dû annuler la plateforme physique qui se tient près de l'usine, où nos employés peuvent obtenir toutes sortes d'informations pour leur recherche d'un nouvel emploi, à la demande de la police locale. En effet, la sécurité des participants n'a pas pu être garantie en raison des manifestations", ajoute-t-il.
"Cette situation est inacceptable pour nous. Nous condamnons toute forme de violence et d'atteinte aux biens et prendrons les mesures juridiques qui s'imposent", alerte-t-il.
"Cette situation est inacceptable pour nous. Nous condamnons toute forme de violence"
Mais la direction comprend-elle le mécontentement de ceux qui dépendaient d'Audi pour fonctionner ?"Chez Audi Brussels, un plan social a été conclu pour les collaborateurs d'Audi. Nous constatons qu'un plan a également été conclu chez plusieurs fournisseurs. Mais chez les fournisseurs dont les collaborateurs mènent actuellement des actions à l'entrée de notre site, les négociations sur un plan social n'ont pas encore abouti", précise Peter D'Hoore. "La conclusion d'un plan social chez un fournisseur est une affaire entre la direction et les syndicats de ce fournisseur. Audi n'interviendra donc pas dans cette affaire et ne fournira aucun financement", affirme-t-il.
"Nous sommes conscients que la situation est également difficile sur le plan émotionnel pour les collaborateurs des entreprises fournisseurs. Toutefois, nous ne pouvons accepter la violence comme forme d'expression", termine-t-il.
