Belgacom: 1,3 million pour le futur CEO? Bellens gagnait le double
Le comité de rémunération de Belgacom a ce "salaire" en tête pour le futur CEO.
- Publié le 05-12-2013 à 05h29
- Mis à jour le 18-12-2013 à 23h32

Le gouvernement fédéral doit très rapidement trancher la question suivante : combien va gagner le futur administrateur délégué de Belgacom ? A ce sujet, le comité de rémunération interne à l'entreprise de télécoms, dont l'actionnaire majoritaire est l'Etat, a mené la réflexion en vue de proposer un chiffre au ministre des Entreprises publiques, Jean-Pascal Labille (PS). Alors, combien ? Selon nos informations, les membres du comité de rémunération se sont accordés sur un chiffre : 1,3 million d'euros bruts par an avec un parachute doré (indemnités de départ) d'un an de rémunération au maximum.
Loin de Bellens…
Ce montant est quasiment la moitié de ce que gagnait Didier Bellens avant d'être écarté par le gouvernement pour manquement grave (une accumulation de dérapages verbaux jugés insultants par le pouvoir politique). Si ce chiffre devait être approuvé par le gouvernement dans les prochains jours (on parle de la fin de la semaine prochaine), la chute serait drastique. En effet, l'ex-CEO gagnait 2,4 millions d'euros annuellement.
D'autant plus drastique qu'un autre élément très important ressort des travaux du comité de rémunération : les stock-options seront interdites pour le futur patron. Or, ce mode de rémunération était une part non négligeable des sommes nettes que touchait au final Didier Bellens, qui gagnait en réalité bien plus que les fameux 2,4 millions souvent évoqués.
Pour rappel, les stock-options permettent à des dirigeants et à des salariés d'une entreprise d'acheter des actions de celle-ci à une date et un prix fixés à l'avance. Le fait de pouvoir, la plupart du temps, acheter à un prix beaucoup plus bas que le marché permet la réalisation d'un gros bénéfice à la revente. Fini, donc, pour le futur patron de Belgacom.
Enfin, autre élément destiné à serrer la vis au successeur de Bellens : la convention qui unira le futur CEO avec la société cotée au Bel 20 prévoira une clause de "clawback", c'est-à-dire une disposition qui permet à l'Etat de retenir les indemnités de départ en cas de "faute" ou de gestion catastrophique.
Avec 1,3 million par an, on serait donc au-dessus de l'une des pistes initiales qui consistait à octroyer au CEO une rémunération de 15 à 20 fois supérieure au salaire médian des employés de l'entreprise dirigée. Chez Belgacom, ce salaire médian est de 50 000 euros par an environ. Donc, si l'on prend la valeur maximale d'un multiplicateur de 20, on arrive à un "salaire" d'un million d'euros pour le prochain CEO. Mais le comité de rémunération pense plutôt à 1,3 million. Fixer la rémunération à ce niveau aurait un avantage : le CEO gagnerait alors plus sur le papier que les top managers de Belgacom directement sous ses ordres. Toutefois, ces mêmes très hauts cadres bénéficient de stock-options qui gonflent leur salaire "poche". A voir, donc.
Inquiétudes flamandes
1,3 million, c'est beaucoup et c'est peu à la fois par rapport à ce qui se pratique ailleurs dans le secteur des télécoms. D'ailleurs, quel que soit le montant finalement retenu, les restrictions salariales imposées un peu partout (SNCB, etc.) par le cabinet Labille commencent à inquiéter au sein même de la coalition. En particulier au sein de l'aile flamande du gouvernement qui se demande si on ne va pas trop loin dans ce dossier.
Du côté du cabinet Labille, le porte-parole du ministre, Christopher Barzal, ne confirme pas le montant d'1,3 million d'euros. Il explique que Jean-Pascal Labille a rencontré Stefaan De Clerck hier matin mais que le président du conseil d'administration de l'entreprise n'a pas proposé de chiffre sur le "salaire" du futur CEO. Une nouvelle réunion du comité de rémunération de Belgacom est prévue dans les tout prochains jours.
Le dossier est urgent car le chasseur de têtes chargé de trouver le successeur de Didier Bellens ne peut entamer son travail sans connaître le prix offert aux candidats. Actuellement, les deux noms qui ont le plus la cote dans les coulisses politiques pour diriger Belgacom sont Bernard Delvaux, le patron de la Sonaca, et Dominique Leroy, actuelle patronne du business résidentiel de Belgacom.
