Degryse et Glatigny rappellent que des mesures d'accompagnements sont prévues pour atténuer les effets du décret
Les deux ministres ont tenté de calmer le jeu, jeudi matin, avant le vote du décret-programme.

- Publié le 04-06-2026 à 19h38

Jeudi matin, les ministres Degryse (Les Engagés) et Glatigny (MR), respectivement ministre-Présidente et ministre de l'Éducation en Fédération Wallonie-Bruxelles convoquaient la presse pour présenter les mesures compensatoires de leur décret-programme (DP2). Ce décret tant décrié qui comprend notamment des mesures importantes pour le monde l'enseignement − qui en conteste le bien-fondé − et prévoit donc des mesures compensatoires pour en limiter les effets.
Dans le contexte compliqué qui entoure un texte qui devait être voté ce jeudi soir au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, les deux ministres ont en fait présenté les mesures compensatoires déjà connues. Ceux qui s'attendaient à de nouvelles mesures en furent donc pour leurs frais.
En début de conférence de presse, la ministre-Présidente a rappelé aussi la situation budgétaire qui a conduit son gouvernement à prendre ces mesures. Les deux ont ensuite assuré que toutes les économies réalisées au niveau de l'Enseignement seront bien les dernières de la législature.
Pour résumer, parce que la chose a souvent été écrite : "Il s'agit de préserver le financement à venir des missions de la Fédération Wallonie-Bruxelles en cassant l'emballement de la dette et en réinvestissant les intérêts sur celle-ci dans nos secteurs", explique Elisabeth Degryse. Cette dernière avait d'ailleurs rappelé cela de manière précise dans La Libre du 30 mai. Elle reconnaissait d'ailleurs que certaines mesures en matière d'enseignement avaient été prises "trop tard". Néanmoins, elle précisait aussi qu'elles devaient absolument être votées.
Urgence qu'elle a rappelée jeudi, en espérant que le vote du décret parvienne à calmer les enseignants et à ramener de la "sérénité pour la fin de l'année scolaire". Il faudra voir, dans les jours qui viennent, si la manière dont ce décret est amené au vote en faisant fi du délai prévu par le règlement du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles est de nature à apaiser la fronde…
Rappelons dès lors ce que sont ces fameuses mesures compensatoires rappelées par les deux ministres, jeudi matin.
Il y a en premier lieu le gel des réaffectations qui doit protéger les enseignants non-nommés qui ont le statut de temporaire, dans le cas "où il y aurait des pertes de charge" liée à la mesure qui prévoit d'imposer aux enseignants du secondaire supérieur de prester deux heures de plus par semaine, sans compensation financière. Elle donne un exemple : "Un enseignant nommé qui devrait faire deux heures de plus mais qui priverait ainsi un temporaire prioritaire de deux heures restera à 20 h semaines".
La ministre de l'Éducation rappelle aussi qu'en raison "d'un taux important de départs naturels dans l'enseignement secondaire supérieur et du nombre important de périodes à pourvoir dans le degré inférieur à la rentrée prochaine, de par l'allongement des études de 3 à 4 ans, des pertes d'emploi chez les temporaires prioritaires sont improbables". Néanmoins le gouvernement s'engage à ce que "les enseignants nommés et temporaires prioritaires conservent un emploi".
Afin de rassurer le secteur qui redoute une mesure inapplicable au cas par cas, le gouvernement promet de réévaluer le dispositif en décembre 2026.
Débuts et fins de carrière
Il fut aussi question d'autres mesures "plus positives" prévues par le gouvernement pour les trois années qui viennent. À savoir, une augmentation salariale de 5 % qui est prévue pour les enseignants qui seront formés en quatre au lieu de trois ans, et qui entreront dans la carrière à la fin de la législature.
L'aménagement des débuts et des fins de carrières en matière d'heures passées par les enseignants devant leurs classes a été rappelé par la ministre. En début et en fin de carrière, il y aura deux heures de moins face à la classe. Elles seront consacrées à d'autres tâches.
La revalorisation barémique des directions a aussi été mise en avant, tout comme les 25 millions prévus pour l'accompagnement personnalisé "des élèves en primaire et en première secondaire dès la rentrée 2026".
