Trois scénarios possibles avec des pertes variables pour l'issue du dossier Integrale
Les trois administrateurs provisoires font le tour des candidats repreneurs potentiels (d'actifs) d'Integrale.

- Publié le 02-03-2021 à 08h08
- Mis à jour le 02-03-2021 à 08h09

Y aura-t-il un acquéreur pour l'assureur Integrale, filiale à 71 % de Nethys et à 22 % du fonds de pension Ogeo Fund ? C'est, depuis la semaine dernière, la Banque nationale et les trois administrateurs qu'elle a nommés qui ont les cartes en main pour y répondre. Le trio composé de Kenneth Vermeire (un auditeur qui avait été nommé commissaire spécial), Marc Fyon (avocat chez Stibbe) et Michel Flamée (professeur de droit économique et financier à la VUB) est "en contact avec toutes les personnes concernées", nous dit une source proche du dossier. En clair, il fait le tour des candidats déclarés (il ne reste que le fonds anglo-saxon River Rock) et, dit-on, d'éventuels repreneurs comme AG Insurance et Ethias. Mais ces candidats potentiels ne se bousculent pas vu les ratios de solvabilité largement trop faibles d'Integrale.
Méfiance
Sur la base des dernières informations disponibles, c'est l'offre de River Rock - qui est prêt à recapitaliser à concurrence de 240 millions d'euros - qui a la préférence du management et du personnel, car elle "est la meilleure solution" pour les affiliés et le personnel.
Mais cette offre, qui comporte certains éléments innovants en termes de calculs de solvabilité, est regardée avec méfiance par le régulateur malgré certaines adaptations de la proposition. De plus, la BNB se montre peu encline à donner son feu vert à une société de private equity.
Le régulateur pourrait dès lors choisir la solution d'un démantèlement, ce qui veut dire une vente par appartements à des grands acteurs de l'assurance en Belgique. Un tel scénario libérerait le ou les repreneurs des engagements pour le futur promis aux détenteurs de produits d'assurance tels que la branche 21. "Ce qui ne serait pas bon pour les assurés", nous explique une autre source. Troisième scénario possible : une liquidation pure et simple.
Dans ce cas-là, les prêts subordonnés (pour environ 140 millions d'euros) accordés à Integrale seraient perdus pour leurs détenteurs. Parmi ces créanciers subordonnés, on trouve Ethias, la SRIW et la FGTB . "Le PTB va-t-il laisser cet argent ne pas être remboursé sans demander des comptes à Nethys ?", s'interroge un proche du dossier. Nethys et Ogeo Fund, dont l'ardoise s'élèvera autour de 380 millions d'euros, ne seraient dans ce cas-là pas les seuls perdants du dossier Integrale.
