Intrusions de drones dans l'espace aérien: toujours pas d'audit demandé sur l'achat de matériel anti-drones

La commission de la Défense de la Chambre n'a pas demandé mercredi à la Cour des comptes de produire un audit sur l'achat controversé de matériel anti-drones à la fin de l'année passée.

Différents textes de l'opposition pouvaient être approuvés -l'un d'eux avait même reçu l'urgence- mais la majorité a préféré attendre une concertation avec la Cour sur l'objet de l'audit et la prise en considération de son propre texte.

À la mi-avril, un reportage de la VRT a semé le trouble sur cette acquisition décidée en urgence pour un montant de 50 millions d'euros à la suite de l'intrusion de drones dans l'espace aérien belge. Le 17 avril, le ministre de la Défense, Theo Francken, avait annoncé qu'il solliciterait un rapport auprès du service fédéral d'audit interne. Mais à deux reprises, cet organe a refusé la mission, invoquant notamment l'enquête judiciaire en cours.

Plan anti-drones de Theo Francken : une information judiciaire ouverte

Six semaines plus tard, rien n'a encore été demandé. S'il y a bien un consensus pour confier cette tâche à la Cour des comptes, il semble que la N-VA ne veut pas laisser l'initiative à l'opposition. Tous les groupes de l'opposition avaient déposé un texte -celui d'Anders avait reçu l'urgence en séance plénière- mais la majorité n'a pas voulu passer au vote, suscitant l'incompréhension et la colère de l'opposition.

La commission discutera du sujet la semaine prochaine avec la Cour des comptes. D'ici là, la Chambre aura pris en considération la proposition de résolution de la majorité. Le texte ne satisfait d'ores et déjà pas tout le monde. Il se concentre sur la légalité de la procédure et "la maîtrise des coûts" alors que certains voulaient aller plus loin sur le coût et le choix du matériel.

Theo Francken dans le viseur

Christope Lacroix (PS), Staf Aerts (Groen-Ecolo), Robin Tonniau (PTB) et Kjell Vander Elst (Anders) ont dénoncé la façon de faire de la majorité et fait savoir qu'ils porteraient le point à la conférence des présidents. Le président de la commission, Peter Buysrogge (N-VA), avait demandé d'éviter les "petits jeux politiques" dans ce débat. "Au final, c'est vous qui vous livrez à des petits jeux politiques", a répliqué M. Aerts.

"Cet audit doit avoir lieu, et il aura lieu", a répété dans la majorité Axel Weydts (Vooruit). Le député socialiste souhaite un audit large, comme son collègue Koen Van den Heuvel (CD&V) qui plaide pour "l'audit le plus large possible".

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