Intrusion de drones dans l'espace aérien : Francken sous le feu des critiques à la Chambre à la suite d'un reportage

Le ministre de la Défense, Theo Francken, a été pris sous le feu de critiques de presque tous les partis flamands jeudi à la Chambre. Il a dû s'expliquer à la suite d'un reportage de la VRT qui met en cause son plan de lutte contre l'intrusion de drones décidé à la fin de l'an dernier, mais aussi sa communication à la suite du survol présumé de drones au-dessus de l'aéroport de Bruxelles-National.

Minister of Defence and Foreign Trade Theo Francken pictured during a plenary session of the Chamber at the Federal Parliament in Brussels, Thursday 16 April 2026. BELGA PHOTO EMILE WINDAL
Minister of Defence and Foreign Trade Theo Francken pictured during a plenary session of the Chamber at the Federal Parliament in Brussels, Thursday 16 April 2026. BELGA PHOTO EMILE WINDAL ©Belgaimage

Plusieurs incidents ont eu lieu début novembre: des drones auraient survolé les bases militaires d'Elsenborn et Kleine Brogel, ainsi que l'aéroport national, menant à sa fermeture temporaire. Des faits du même genre s'étaient déjà produits dans d'autres pays européens et la Belgique était à cette époque particulièrement exposée en raison du débat sur la confiscation des avoirs russes gelés chez Euroclear. Ces intrusions ont été imputées à la Russie même si une enquête est toujours en cours et qu'aucune preuve formelle n'a été apportée. Parmi les faits reprochés au ministre, figure la transmission à un quotidien flamand de photos supposées de drones, alors qu'il s'agissait en fait d'un hélicoptère de la police.

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Ces incidents ont montré à quel point la Belgique était démunie face à de telles intrusions. Le gouvernement a alors décidé en urgence de consacrer 50 millions d'euros à l'acquisition de matériel pour intercepter et neutraliser des drones. Le reportage met en cause le choix de la procédure négociée plutôt que d'un marché public classique ainsi que l'identité de l'une des sociétés choisies, dont le patron serait une connaissance de M. Francken.

"Prétendre que c'est de la politique des petits amis ou même de la corruption, c'est d'un niveau particulièrement bas et totalement infondé", a lancé le ministre.

M. Francken a toutefois reconnu que les photos transmises à la presse étaient bien celles d'un hélicoptère de police cherchant un drone, et non un drone lui-même. Il l'ignorait à ce moment: la photo, non classifiée, était alors présentée comme celle d'un drone. Il a également admis avoir fréquenté le patron de l'une des quatre sociétés retenues, Senhive installée à Hasselt, mais c'était en janvier 2025. Il n'était pas encore ministre (mais souvent cité pour occuper le poste) et la personne en question était encore chercheur dans un institut flamand.

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"Aucune loi n'a été contournée", a affirmé le ministre. Le dossier a d'ailleurs été soumis à la commission des Achats militaires de la Chambre et y a été approuvé à l'unanimité moins une abstention.

Le ministre N-VA a aussi contesté les affirmations selon lesquelles le matériel aurait été acquis à un prix trop élevé. Les comparaisons faites reposent sur des données erronées, selon lui. La Défense belge aurait même payé moins cher que les armées d'autres pays.

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