Les féminicides, des meurtres récurrents dans l'actualité judiciaire
Une femme a été tuée par son compagnon. Trois procès d'assises rappellent cette triste réalité.

- Publié le 20-04-2021 à 20h34
- Mis à jour le 23-04-2021 à 19h11

Serait-ce l'effet du confinement ? On enregistre déjà, selon le décompte de la secrétaire d'État à l'Égalité des chances Sarah Schlitz (Écolo), onze féminicides depuis le début de l'année. Or, toujours selon cette dernière, les autres années, c'était entre 22 et 24 pour les douze mois.
Le féminicide, meurtre de femme parce que femme, n'est pas reconnu comme tel dans le Code pénal belge, même si notre droit, en l'état, permet de punir spécifiquement les auteurs de violence intrafamiliale.
Le dernier féminicide date de dimanche. Mariana, 24 ans, a été frappée de dix coups de couteau par son compagnon, qui était de dix ans son aîné. Les faits sont survenus à Rochefort, au domicile du couple qui avait cinq enfants en commun.
Le compagnon a été placé sous mandat d'arrêt et inculpé de meurtre. Le parquet de Namur l'a assuré : il n'était pas connu pour violences conjugales. Il n'y avait pas eu par le passé de plaintes auprès de la police.
Trois assises pour féminicide
De tels dossiers de féminicide aboutissent régulièrement devant les cours d'assises.
La cour d'assises du Hainaut juge depuis lundi un homme de 58 ans, Xavier Van Den Brandt, pour le meurtre de Véronique Quidouce. Le corps sans vie fut retrouvé dans un cours d'eau le 21 février 2019, soit deux mois après sa disparition. L'accusé s'était vanté d'avoir tué sa compagne. La victime avait déjà été victime de violences. En janvier 2018, elle s'était présentée à la police pour déposer plainte pour coups. Elle avait déjà signalé une tentative d'étranglement.
À partir de jeudi, la cour d'assises de Bruxelles jugera Kewal Singh et un des employés de ses magasins, pour le meurtre de l'ex-épouse du premier. Le cadavre de la victime Kaur Jugvinder, n'a jamais été retrouvé. Le 4 septembre 2012, une de ses amies avait signalé sa disparition depuis une semaine, indiquant qu'elle avait fui le domicile conjugal six mois plus tôt.
Depuis la séparation, la victime avait déposé des plaintes pour menaces émanant de son époux, qui lui étaient adressées par personnes interposées. Elle avait aussi déposé plainte pour harcèlement, affirmant que des proches de son mari venaient tambouriner sur les fenêtres de son appartement.
Lundi, les assises de Liège entameront le procès de Mokhtar Ammari, 57 ans accusé d'avoir assassiné son épouse, Fatima Khayer, 48 ans, de 23 coups de couteau en février 2019. Le couple, qui connaissait des disputes fréquentes, avait divorcé en 2012 mais poursuivait la vie commune. Elle avait manifesté la volonté de se séparer de lui mais elle craignait ses réactions. Jaloux et soupçonneux, l'accusé avait déclaré à plusieurs reprises qu'il allait tuer son épouse.
