Comment encadrer l'utilisation des outils d'IA dans la recherche académique ?
Inspirées par les balises du FNRS, les universités francophones ont mis en place des garde-fous pour encadrer l'usage de l'intelligence artificielle.

- Publié le 05-05-2026 à 06h41

Depuis quelques années, le FNRS (Fonds National de la Recherche Scientifique) dispose d'un cadre autour de l'utilisation des outils d'intelligence artificielle. L'utilisation de l'IA dans la rédaction des dossiers de candidature y est par exemple autorisée, pour autant que le candidat le mentionne et en documente l'usage. Du côté des évaluateurs, l'utilisation de l'IA est strictement interdite. Le FNRS justifie entre autres cette décision par le fait que "ces outils ne fournissent aucune garantie quant au respect de la confidentialité des informations qui leur sont fournies".
Initiatives et garde-fous
Plusieurs initiatives autour de l'utilisation de l'IA ont aussi été prises au niveau des universités francophones. Chacune d'entre elles dispose (ou disposera prochainement) notamment d'une cellule ou d'un groupe consacré à la thématique. À l'instar de l'interface Piccolo de l'UCLouvain, des agents conversationnels sont actuellement en développement en interne auprès des autres universités.
Plusieurs établissements ont également mis en place des garde-fous pour encadrer l'usage de l'IA. À l'UMons, les chercheurs doivent par exemple respecter une charte propre à l'université. Chaque question d'usage de l'IA dans la recherche y est aussi soumise au Conseil d'éthique et d'intégrité scientifique. À l'UCLouvain, les règles habituelles d'intégrité, de transparence, de non-plagiat et de citations sont d'application. De manière générale, les universités partagent les balises du FNRS.
Un intérêt croissant pour l'IA
Par ailleurs, une analyse réalisée par le Fonds National de la Recherche Scientifique sur la dernière décennie (entre 2016 et 2025) révèle que les demandes de financement pour des projets "qui mobilisent l'IA au sens large – au-delà de son seul développement informatique – sont environ deux fois plus nombreuses que celles se concentrant exclusivement sur ses aspects techniques ou technologiques", précise le FNRS.
Une tendance qui s'inscrit selon lui dans une "dynamique générale de hausse du nombre de projets soumis dans cette thématique au cours des dix dernières années". De quoi mettre en évidence "l'intérêt croissant de la communauté des chercheuses et chercheurs de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour l'IA, toutes disciplines confondues."
