Que contient la réforme des rythmes scolaires annuels, qui sera votée mercredi ?
Le texte qui modifie les congés scolaires sera soumis au vote du Parlement cette semaine. La priorité accordée au bien-être de l'enfant est unanimement saluée. Mais pas l'entrée en vigueur dès la rentrée prochaine. Penser que tout peut être optimal pour tout le monde en même temps est une illusion, estime la coordinatrice de l'étude de faisabilité.

- Publié le 28-03-2022 à 06h40
- Mis à jour le 30-03-2022 à 12h11

Cette fois, ça y est. Le projet de décret qui modifie les rythmes scolaires annuels sera soumis au vote des députés ce mercredi, au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
1. Quand le calendrier scolaire va-t-il changer ?
Le feu vert final sera donné au moment où le texte obtiendra la majorité des votes en séance plénière du Parlement. Dans ce cas, la prochaine rentrée scolaire aura lieu le lundi 29 août. Le scrutin est à l'ordre du jour ce mercredi mais le projet de décret a déjà été adopté en commission de l'Éducation il y a deux semaines. Et la plénière confirme en principe le choix de la commission.
2. Pourquoi cette modification ?
La réforme vise à mieux prendre en compte les besoins physiologiques des élèves, à favoriser les apprentissages et à permettre l'intégration d'activités participatives, sportives, culturelles, de travail individuel et collectif, et de remédiation dans le temps de l'école.
3. Qu'est-ce qui va changer ?
Pendant l'année scolaire, sept semaines de cours alterneront avec deux semaines de congé. Les vacances de Toussaint et de Carnaval se voient donc rallongées, et les vacances d'été raccourcies. Pour limiter les désagréments liés au décalage avec les autres communautés qui restent au calendrier actuel, une formule transitoire prévoit des périodes de cours de 6 à 8 semaines jusqu'à l'année scolaire 2032-2033. Le calendrier se base sur des semaines complètes. L'année scolaire commencera toujours le dernier lundi d'août (sauf s'il s'agit du 30 ou 31 août, alors ce sera l'avant-dernier lundi) et s'achèvera toujours le premier vendredi de juillet.

4. Les vacances ne coïncideront donc plus avec les jours de fêtes ?
Certaines, si. Le calendrier est construit autour des vacances de Noël qui commenceront automatiquement la semaine du 25 décembre (ou la semaine suivante, si le 25 tombe un week-end). Le lundi de Pâques, en revanche, sera jour férié isolé, les vacances de printemps se trouvant reportées au mois de mai. Le Mardi gras non plus, ne fera plus forcément partie des vacances de Carnaval. Si tel est le cas, il constituera néanmoins un jour de congé scolaire. Enfin, les jours suivants seront aussi des jours de congé, même non englobés dans des périodes de vacances : 27 septembre, 1er et 2 novembre, 11 novembre, 1er mai, jeudi de l'Ascension et lundi de Pentecôte.
5. Y aura-t-il moins de jours d'école en tout ?
Non. On reste sur 182 jours de classe par an (avec la possibilité de varier entre 180 et 184).
6. Quand les calendriers scolaires seront-ils annoncés ?
Le gouvernement s'engage à publier les dates d'une année scolaire au plus tard au mois d'avril de l'année X-2, dit le décret. Sauf pour l'année prochaine, du coup.
7. La réforme ne concerne-t-elle que les dates de congé ?
Non. Le but de la réforme est aussi de maximiser les jours de cours. Une série de balises visent à réduire le nombre de jours blancs consacrés aux évaluations, conseils de classe, rencontres avec les parents, distributions de bulletins. Aucune évaluation ne pourra être organisée dans les cinq jours qui suivent deux semaines de vacances, pour s'assurer que celles-ci constituent une réelle récupération. En primaire, le nombre annuel de jours d'évaluations et jours blancs sera réduit à 3 dès l'année prochaine (contre 5 de la 1re à la 4e, et 10 en 5e et 6e aujourd'hui). La règle concernera l'enseignement secondaire au fur et à mesure de son entrée dans le tronc commun (à partir de 2025-2026 en 1re secondaire, puis une année après l'autre). Là, on passera de 18 (dans le secondaire inférieur) et 27 jours (secondaire supérieur) admis actuellement, à respectivement 12 et 18 jours. Toujours dans le secondaire, le nombre de jours autorisés entre le dernier examen et le dernier jour de cours passera de 9 à 7. Des sanctions financières sont prévues en cas de non-respect des règles.
8. Et si je pars quand même en vacances début juillet ou fin août ?
Le projet de décret annonce des contrôles musclés de la fréquentation scolaire en début et en fin d'année scolaire pendant trois ans.
9. Pourquoi la réforme suscite-t-elle encore de l'opposition ?
Si tout le monde s'accorde sur le fond de la réforme, son entrée en vigueur dès cet été suscite encore de l'opposition. D'une part, en raison du peu de temps disponible pour réorganiser l'année scolaire (repenser le déroulé des apprentissages, remettre à plat les évaluations, planifier les voyages scolaires…) Et d'autre part, à cause du décalage avec les autres communautés et avec l'enseignement supérieur qui pose encore plusieurs problèmes. On peut citer notamment des dates de congé différentes au sein des familles qui fréquentent à la fois l'enseignement francophone et l'enseignement flamand (des enfants scolarisés dans deux communautés différentes, des parents qui enseignent dans une autre communauté que celle fréquentée par leurs enfants, etc.) ; le risque de perdre les professeurs de néerlandais originaires de Flandre dans les écoles francophones (dans le général et l'immersion) qui préféreront conserver les mêmes congés que leurs enfants ; la difficulté de prendre congé pour les enseignants qui travaillent à la fois dans le secondaire et dans le supérieur ; l'indisponibilité des étudiants du supérieur pour prendre en charge des stages ou camps scouts en dehors de leurs périodes de vacances ; l'adaptation de l'alternance des gardes pour les parents séparés, la nécessité de renforcer l'offre d'activités pour les enfants pendant les nouvelles périodes de congé ; celle de modifier l'horaire des transports en commun, ainsi que les dates des examens d'entrée dans le supérieur (prévus avant la fin de la nouvelle année scolaire).
10. Et pourquoi une entrée en vigueur dès 2022-2023 ?
La recommandation de la Fondation Roi Baudouin de laisser deux ans entre la décision de réformer et son entrée en vigueur n'est pas respectée. Mais "les objectifs poursuivis sont supérieurs aux difficultés", a dit la ministre Désir dans son exposé des motifs.