Le MR veut modifier le nouveau calendrier scolaire: "Il y a une difficulté sur cette réforme..."
Échange tendu en bureau de parti entre Georges-Louis Bouchez et Alexia Bertrand.

- Publié le 28-03-2022 à 19h53
- Mis à jour le 30-03-2022 à 16h14

La réforme des rythmes scolairesdoit être votée ce mercredi au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB).
Dès la prochaine rentrée, dans l'enseignement francophone, sept semaines de cours alterneront avec deux semaines de congé, avec pour conséquence des vacances de Toussaint et de Carnaval rallongées et des vacances d'été raccourcies. Mais la Flandre n'a pas - encore - emboîté le pas. Les vacances des élèves ne tomberont donc plus toujours en même temps des deux côtés de la frontière linguistique.
La réforme fait du remous au sein du MR, parti de Pierre-Yves Jeholet, ministre-Président de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Il y a deux semaines, des députés bruxellois sont montés au créneau contre le calendrier de la réforme, plusieurs n'excluant pas de voter contre le texte.
Alexia Bertrand, cheffe de groupe du MR au Parlement bruxellois et députée à la FWB, est revenue à la charge en bureau de parti ce lundi. Un échange assez tendu s'est ensuivi avec Georges-Louis Bouchez.
Le président du MR a regretté qu'aucun veto n'ait été agité, fustigeant par ailleurs l'incohérence du mécanisme de concertation à la belge. "Cela confirme que les quatre régions, c'est une bêtise, et qu'il va falloir venir à la hiérarchie des normes", a souligné Georges-Louis Bouchez en bureau de parti.
La pression d'Alexia Bertrand
Le Montois considère qu'il est trop tard pour une marche arrière. Les Bruxellois n'obtiendront donc pas le report de l'adoption du décret, par ailleurs déjà validé en commission le 15 mars. Mais le parti va tenter d'en atténuer les effets en obtenant l'adaptation du nouveau calendrier. Il devra, pour ce faire, arracher des concessions des partenaires de la majorité, d'ici à mercredi et faire coïncider davantage les vacances entre communautés. Dans le cas contraire, les députés MR bruxellois pourraient voter contre la réforme ou s'abstenir…
"Il y a une difficulté sur cette réforme , nous indique Alexia Bertrand. Pas sur le principe qui est positif pour le rythme de l'enfant mais sur la non-convergence avec la communauté flamande qui va mettre beaucoup de familles en difficulté ainsi que des enseignants en immersion. Tant Georges-Louis Bouchez que Pierre-Yves Jeholet sont à l'écoute. La balle est dans le camp de la ministre Désir pour veiller à ce que les rythmes soient alignés le plus rapidement possible."
Sophie Wilmès : "Réparer cette erreur"
"L'objectif n'est pas de modifier le fond de la réforme, mais de faire en sorte qu'elle soit adoptée partout dans le pays en même temps, appuie Sophie Wilmès, cheffe de file du MR au fédéral. On se rend compte que ce n'est pas ce qui a été rendu possible par la ministre de l'Enseignement. Nous réfléchissons à la manière de réparer cette erreur originelle."
Au PS, on assume. "En tant que Bruxelloise, pointe Delphine Chabbert (PS), députée bruxelloise , je suis consciente de la difficulté qui sera vécue par quelques parents dans la non-synchronisation avec le côté flamand. Mais la position du PS bruxellois, c'est qu'il faut amorcer cette réforme qui va augmenter le bien-être de tous les enfants."
La position du MR est partagée par le PTB, Les Engagés, mais aussi Défi, membre de la majorité bruxelloise (mais pas à la Fédération). Pourtant, la semaine dernière, en Codeco, le ministre bruxellois Bernard Clerfayt (Défi) n'est pas monté au front, souligne une source francophone. "Elke Van den Brandt et moi y représentions ensemble la Région Bruxelles-Capitale. Elle est intervenue au nom de la Région pour indiquer les nombreux problèmes organisationnels que cela posera", rétorque Bernard Clerfayt.
La solution ne pourra venir que de la Flandre. La semaine dernière, en Codeco, Jan Jambon a rappelé que cette réforme ne figurait pas dans l'accord de gouvernement flamand, mais en ne s'opposant pas à ce qu'un accord soit trouvé, à terme. Une légère ouverture, qui n'engage à rien…
