À Saint-Josse, les Tennoodois retournent aux urnes avec un goût de "à quoi bon"
Emir Kir retrouvera-t-il sont mayorat de bourgmestre de Saint-Josse ?

- Publié le 09-02-2025 à 13h23
- Mis à jour le 09-02-2025 à 13h24

Dans l'ombre des tours Madou et Actiris, la plus petite commune de Belgique retourne aux urnes ce dimanche 9 février 2025. Ouverture des bureaux de vote "sans encombre" à 8h selon l'administration régionale si ce n'est au bureau 2, rue Saint-François. Le témoin du vote désigné par Ecolo pour ce bureau nous explique : "il y a eu un problème dans la procédure d'initialisation, des clefs USB auraient dû être placées sur le scanner mais n'y étaient pas. Ce n'est que lors d'un dysfonctionnement du scanner, probablement électrique, que les membres du bureau l'ont remarqué, vers 9h30. Il y avait alors 102 votes comptabilisés avant cela. Techniquement, les voix ont bien été enregistrées, cela ne devrait pas poser de problème, mais il faudra probablement recompter par précaution."
L'administration régionale et le juge de paix, en charge respectivement de l'assistance et du contrôle de l'élection, ont été dépêchés sur place. Tout est ensuite rentré dans l'ordre moyennant un petit retard. "Nous avons redirigé des électeurs vers les bureaux 1 et 3." Une réorientation rendue possible grâce à la liste informatisée des électeurs.

Dans les rues tennoodoises, quelques groupes de partisans, voire de candidats battent encore le pavé. Sans leurs étiquettes politiques évidemment, la campagne est finie, mais le but est encore de se montrer à tout prix. Preuve en est : des dizaines de cartes de visite de candidats très peu scrupuleusement laissées sur des rebords de fenêtres.
Les sympathisants de chaque camp ont bien appris leur partition : "le recours qui a conduit à l'annulation des élections d'octobre, c'est vraiment de la pure jalousie. Emir Kir avait largement gagné (17 sièges sur 29 et 50.5 % des suffrages). Il n'y a pas de suspens," nous dit-on rue Braemt.
"Comment peut-on encore lui faire confiance après tout cela ?"
Pour rappel, les élections d'octobre avaient été annulées suite au constat d'une centaine d'irrégularités dans les procurations. Plus de 200 autres étaient considérées comme suspectes. Assez pour faire basculer un ou deux sièges d'une liste à l'autre.
Chez les partisans des porteurs du recours (PS Ecolo et Team Ahidar), persuadé qu'Emir Kir est l'instigateur de ces irrégularités – le bourgmestre étant le signataire des procurations – on s'interroge. "Comment peut-on encore lui faire confiance après tout cela. On doit rejouer une élection, ce n'est pas rien. On est en Belgique," s'agace un électeur, après nous avoir vu discuter avec un sympathisant de la Liste du bourgmestre.
Finalement, même chez ceux qui ne sont pas des aficionados de telle ou telle liste, une question reste : "à quoi bon ? Ce n'est pas comme si le scrutin d'octobre était serré, même si on retire les procurations douteuses. Je pense même qu'il pourrait y avoir un vote sanction contre ceux qui ont contesté les résultats," nous glisse un Tennoodois se rendant aux urnes.
Après une campagne expresse, l'une des questions sera donc de voir si Emir Kir décroche une majorité absolue, lui qui concourt pour la première fois (deuxième si on compte octobre) sans la bannière PS.
À 11 heures 28 % des électeurs avaient déjà voté.