"Schumi" mord la poussière

Tête-à-queue, sorties et crevaisons à gogos pour les premiers essais libres. Montoya estime que la course sera plus serrée que lors des deux GP précédents.

OLIVIER DE WILDE

ENVOYÉ SPÉCIAL À BAHREÏN

Deux mille, trois peut-être, c'était presque le désert, hier, dans les tribunes de Sakhir, pour assister au coup d'envoi officiel du 3e Grand Prix F 1 de la saison, le premier de l'histoire au Moyen-Orient. Pourtant, on nous promet que 35000 tickets (pour une capacité de 70000 places) ont bel et bien été vendus, dont 3000 pour les ouvriers ayant oeuvré à ce superbe édifice artificiel, et tout autant offerts par le ministre de la jeunesse et des sports aux étudiants de l'université de Sakhir.

Ce samedi promet tout de même d'être chaud, au propre (54°C sur la piste hier à 14h), comme au figuré. Les deux premières séances d'essais donnant lieu à un nombre incalculable de figures libres ont en effet été pour le moins animées. Un premier contact positif avec un tracé vallonné unanimement apprécié même s'il faudra composer avec différents facteurs nuisibles comme la chaleur, mais surtout la poussière de ciment et les pierrailles jonchant le parcours ramenées sur la piste en cas d'incursion au-delà de vibreurs extra-larges (33pc de plus que partout ailleurs) sur lesquels deux taques de drainage mal fixées ont entraîné, vendredi, le déchappage des pneus d'Alonso, Coulthard et Davidson. En espérant que la cause officielle divulguée, après enquête avec la FIA, par Michelin soit bien réelle...

"Si la trajectoire se nettoie au fil des passages, il faut avouer que dès que l'on met une roue dehors, on part en glisse", racontait Michael Schumacher, le plus rapide le matin avant de terminer 4e l'après-midi, à moins de trois dixièmes de Barrichello. "Sans trop de vent, le sable ne constitue pas un souci, renchérissait Felipe Massa. Le problème, c'est ce nuage de poussière que l'on soulève quand on passe au-delà des vibreurs."

Pénalité pour Raikkonen

En conseillant Herman Tillke lors du dessin du tracé de Sakhir, Schumi n'avait sans doute pas songé à ce paramètre: "Normalement, des longues lignes droites suivies de virages serrés comme ici favorisent les dépassements. Pour autant que l'on puisse freiner en dehors de la trajectoire. Voyons comment cela va évoluer avant de porter un jugement définitif..."

Des difficultés qui compliqueront encore la tâche du malheureux Kimi Raikkonen, une fuite d'essence provoquant un début d'incendie et obligeant les mécaniciens de McLaren à déjà changer son V 10 Mercedes. Ce qui signifie qu'il sera pénalisé de dix places, cet après-midi à l'issue de la qualification unique.

Et à l'image du 3e chrono du jeune pilote d'essais BAR Anthony Davidson, du 5e de la Jaguar du débutant Klien ou des grains de sable ralentissant la progression des Renault, on peut encore s'attendre à quelques belles surprises, ce week-end, dans le désert de Barheïn. "Les organisateurs ont fait du super boulot. Williams et Michelin aussi, souriait Juan-Pablo Montoya, pointé à un petit millième de son pote Barrichello. Cela pourrait être beaucoup plus serré que lors des deux premières courses."

© Les Sports 2004

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