"Des punitions sont allées trop loin" : les classes de neige de Seraing "virent au cauchemar" entre insultes et violences
A Seraing, plusieurs enfants ont témoigné de faits de violence au retour de classe de neige de 10 jours.
- Publié le 14-04-2026 à 09h04

"Choquée" ! Sandrine, la maman de Maxime (prénoms d'emprunt) a été "choquée" par le récit fait par son fils au retour de classe de neige de 10 jours organisée par son école à Châtel (France). Selon le témoignage de l'enfant, corroboré par d'autres condisciples, des punitions "sont allées loin, très loin… trop loin".
En voyages avec d'autres classes d'écoles communales sérésiennes, Maxime est revenu ce lundi matin. "Comme tout parent, je lui ai demandé avec entrain s'il s'était bien amusé, relate-t-elle. Il a tout de suite répondu qu'il n'avait pas passé de chouettes vacances". Maxime a raconté un séjour pour le moins interpellant. Il a, selon ses dires, dû, avec plusieurs de ses camarades, "courir dans la neige en pleine nuit après avoir fait trop de bruit dans les chambres… le tout pieds nus et, pour certains, sans t-shirt". Après avoir dû "faire plusieurs fois le tour du chalet dans le froid", il semblerait que ces mêmes élèves aient dû ensuite monter et descendre plusieurs fois des escaliers et, enfin, rester en position de la chaise durant "de longues minutes".
Même rengaine durant les repas. "Maxime m'a dit qu'il a, à plusieurs reprises, mangé ses plats froids car sa classe était trop bruyante à table", explique Sandrine. "Comme punition, le groupe devait faire face au mur, les bras en l'air", ajoute-t-elle.
"Il a vu une institutrice gifler un enfant"
"Maxime m'a aussi dit avoir entendu une institutrice déclarer 'Je vais te casser tes dents et en faire un collier', mais où va-t-on ?", s'interroge la mère de famille.
"On a tous été enfants, on a tous passé des bons moments bruyants avec ses amis en séjour scolaire, mais cela ne justifie pas de telles sanctions", reproche la maman, qui est allée trouver la direction. Cette dernière a indiqué "attendre la version du professeur avant d'envisager la suite". "Mon enfant n'a rien de positif à raconter sur ses classes de neige, c'est quand même malheureux", signale celle qui, "à la première heure mardi, ira déposer plainte au commissariat".
À noter que Sandrine n'est pas la seule à rapporter de tels faits d'insultes et de violences. Plusieurs témoignages nous sont parvenus et vont dans le même sens. "Mon fils a été giflé au visage car il ne mettait pas son casque assez vite au goût de l'institutrice", s'insurge Ashley.
"Je sais que les enfants peuvent parfois exagérer, mais après avoir pris contact avec plusieurs mamans, je peux dire que les récits concordent", conclut Sandrine, "qui a payé pour envoyer son enfant en classes de neige, pas à un camp militaire".
Julie (prénom d'emprunt), elle, a également récupéré sa fille. "Elle est très sage et a dit de ne pas s'être fait disputer, mais elle m'a raconté exactement les mêmes choses, détaille-t-elle. C'est bien la preuve qu'il n'y a pas que les enfants turbulents qui se sont plaints".
"Un comportement jugé difficile et inapproprié, ayant entraîné des sanctions"
Des témoignages qui ont fait écho jusqu'à l'échevinat de l'Enseignement de Seraing. "Nous avons pris connaissance de certains témoignages relayés sur les réseaux sociaux, souvent de manière anonyme", explique Philippe Grosjean qui précise "que plusieurs élèves ont adopté, durant ce séjour, un comportement jugé difficile et inapproprié, ayant entraîné des sanctions. Celles-ci ne semblent toutefois pas correspondre à certaines affirmations diffusées en ligne."
Toujours selon l'échevinat, aucune plainte officielle n'a (encore) été déposée. "Nous prenons cette situation avec le plus grand sérieux et restons particulièrement attentifs à toute information complémentaire."
