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La forêt ardennaise pourrait-elle disparaître d'ici un siècle ? "Si on ne change pas de modèle, elle ne produira plus"

Dans un livre qui décrit les défis auxquels fait face la forêt ardennaise, le garde forestier Benjamin Nollevaux ne mâche pas ses mots. La gestion de ce massif forestier emblématique doit changer de modèle sous peine de ne plus exister sous cette forme dans les prochaines décennies, avertit-il.

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Benjamin Nollevaux dans une plantation de sapins, avec une forêt "irrégulière" en arrière-plan. ©Sophie Devillers

"C'est hyperartificiel. Tout cela a été créé par la main de l'homme". Du haut du belvédère où le garde forestier Benjamin Nollevaux nous a emmené, on a vue à 360 degrés sur la vallée de Bouillon et la forêt ardennaise, avec ses rangées de sapins et à quelques endroits, les branches encore dépouillées, en ce mois de mars, des feuillus. La pure nature, originelle, comme le croient souvent les touristes ? Pas du tout. "Il y a 150 ans, le paysage aurait été complètement différent, on n'aurait eu que des feuillus, les sapins n'étaient pas là. Mais à cette époque, ces feuillus avaient été surexploités. On a pris du bois en pensant qu'on en aurait toujours assez. Et à un moment, on a constaté qu'il ne restait plus grand-chose… Des résineux ont alors été importés pour essayer de rendre à nouveau la forêt productive."

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