Que dit Hyères à propos de demain ?

C'est un jeune styliste japonais de 26 ans travaillant à Paris qui a remporté la 29e édition du Festival de mode de Hyères. Entre courbe et ligne, un travail épuré, structuré à l'élégance maximale.

Aurore Vaucelle, envoyée spéciale à Hyères
Que dit Hyères à propos de demain ?
©The Stimuleye

Le festival de Hyères était le centre du monde de la mode pour quelques jours. C'est un jeune styliste japonais de 26 ans travaillant à Paris qui en a remporté la 29e édition.

Le soleil tape sur les murs clairs et irradiants de la villa Noailles, imaginée en 1923 par l'architecte Robert Mallet-Stevens ­ - voici pour la culture G - , et qui était un peu belge, figurez-vous. Et c'est ainsi qu'on se dit que tout est dans tout.

Car Hyères est véritablement la marmite de la mode actuelle. Tout le monde se cogne dans tout le monde, et les Belges sont de la partie. Jean-Paul Lespagnard, lauréat du prix en 2008 vient pour faire sa visite à son ami Jean-Pierre Blanc, directeur du festival et membre du fan club du design à la belge (c'est lui qui nous le confiait l'an passé, l'air enjoué) et qui a décidé, envers et contre tout, de promouvoir la jeune création – le couple de Noailles en son temps ne pensait pas différemment.

On le voit qui papote en compagnie d'Elsa Janssen, directrice de la galerie des galeries - qui a accueilli la performance de Lespagnard cet hiver. Pascale Mussard, directrice du projet "Petit H" pour Hermès et installée à Bruxelles (nous vous en reparlerons plus tard, car le projet "Petit H" vaut son pesant de cacahuètes) tient la porte à des journalistes belges qui essaient la robe designée par Satu Maaranen, lauréate de Hyères 2013, et qui a travaillé à une collection capsule pour Petit Bateau. Jean-Paul lespagnard réajuste la robe, devant la journaliste du "Women's Wear Daily" à qui on ne demandait pas son avis. Steve Hiett en K-Way à carreaux passe par là mais en catimini, comme s'il n'avait pas eu vent de son statut de photographe internationalement connu. C'est alors que des jeunes femmes habillées en lampe de chevet passent à travers ce petit comité réuni au milieu du tout. Les filles illuminées, c'est une performance de l'artiste Marianne Maric, et c'est l'une des mille et une choses sur lesquelles on tombe quand on se balade dans les jardins parfumés de la villa Noailles.

C'est sans compter les bizzareries vestimentaires, le ministre du commerce chinois, une déléguation Chanel, et l'actrice people Chloé Sevigny en couette et mini short – va pour la régression vestimentaire, Hyères a sans conteste un côté exotique !

Palmarès de la jeune création

Parmi les dix candidats designers, nos deux étudiants de la Cambre, Louis-Gabriel Nouchi et Pablo Henrard n'ont pas décroché de prix mais ont parlé au public des professionnels. Le samedi, les chasseuses de tête chevronnées – qui s'alignent au premier rang durant la présentation – pronostiquaient que la Belgique était dynamique et bien partie pour emballer les jurés. Mais le jury, chapeauté par Carol Lim et Umberto Leon, actuels directeurs artistiques de la maison Kenzo ont préféré le travail du japonais Kenta Matsushige – un clin d'oeil à la nationalité de Mr Kenzo, à qui ils doivent leur maison ?

Le jeune homme de 26 ans, menu, aux mains sublimes a produit un travail d'une rare précision en matière de tailoring. La coupe s'inspire des formes du costume traditionnel et bien plus encore. C'est l'architecture minimaliste au service de la mode ! Nul doute que, muni de son Prix Première Vision hyérois, il trouvera à se faire entendre sur le marché actuel des tendances. Mention spéciale à Liselore Frowijn, notre chouchou qui a remporté le prix de la maison Chloé (ex-aequo) et qui a surtout imaginé le plus coquet anorak en plastique du XXIe siècle. Tout le public rêvait d'avoir le même, enfin surtout le public féminin, si l'on veut rester totalement honnête.


KENTA MATSUSHIGE Grand prix Première vision du festival de mode de Hyères

© Etienne Tordoir / Catwalk Pictures

Sa collection épurée, dominée par le gris clair, se distingue par ses coupes, qui font penser au travail d'un architecte, qui alternerait lignes droites et courbes. L'ensemble est d'une grande élégance, très féminine.

La maison Chanel a rejoint cette année les partenaires du festival. Kenta Matsushige bénéficiera ainsi d'une collaboration avec les Métiers d'art de Chanel (le brodeur Lesage, le plumassier Lemarié, etc.) et pourra réaliser une collection dans leurs ateliers. " On a le savoir-faire et ces jeunes stylistes ont la créativité ", a mis en avant le président de Chanel, Bruno Pavlosky.

LISELORE FROWIJN, Prix Chloe ex-aequo

© Etienne Tordoir / Catwalk Pictures

L'Autrichienne Roshi Porkar et la Néerlandaise Liselore Frowijn ont remporté ex-aequo le prix Chloé. Les dix stylistes en compétition à Hyères, dans le sud-est de la France, devaient dessiner une silhouette inspirée de cette marque, qui est un des sponsors du festival.

ROSHI PORKAR, Prix Chloé ex-aequo

© Etienne Tordoir / Catwalk Pictures

Les dix stylistes en compétition à Hyères, dans le sud-est de la France, devaient dessiner une silhouette inspirée de la marque Chloé, qui est un des sponsors du festival.



YULIA YEFIMTCHUK, mention spéciale du jury, Prix Opening Ceremony


© Etienne Tordoir / Catwalk Pictures



CORALIE MARABELLE, Prix du Public de la ville de Hyères

© The Stimuleye


PABLO HENRARD, le jeune créateur belge qui participait au Festival a été remarqué par des chasseuses de tête chevronnées qui sont nombreuses à la Villa Noailles

© The Stimuleye

LOUIS GABRIEL NOUCHI, jeune Français venant de La Cambre
, n'a rien remporté mais son travail a été remarqué par tous les professionnels.

© The Stimuleye

D'autres lecteurs ont également lu

Les + consultés

Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...