Les indépendants auront droit à un congé parental en 2028 : "Les enfants n'ont pas à pâtir du métier de leurs parents"
Moins de paperasse, meilleur statut social, droit à une seconde chance, … Éléonore Simonet (MR) veut faciliter la vie des entrepreneuses et entrepreneurs.

- Publié le 06-01-2026 à 13h48
- Mis à jour le 06-01-2026 à 15h32
"Avec moi, pas de bla-bla". Plus jeune ministre de la coalition Arizona, Éléonore Simonet (28 ans, MR) donne le ton. "Nos entrepreneuses et entrepreneurs doivent pouvoir se concentrer sur ce qu'ils font de mieux : innover et créer de l'emploi". En charge des indépendants et des PME, la libérale a présenté ce mardi 89 "mesures concrètes" destinées à renforcer "la compétitivité, la résilience et la capacité d'innovation" des petites et moyennes entreprises belges. "Cela fait 10 ans qu'il n'y avait pas eu de plans pour les PME", regrette la Bruxelloise. Or ces petites et moyennes entreprises restent le moteur économique de notre pays, avec 58 % des emplois du total du secteur privé et 99 % des employeurs".
On doit pouvoir donner une seconde chance à tous ces entrepreneurs qui ont connu un échec, du moins si leur faillite n'est pas frauduleuse".
Ces PME sont plus que jamais mises sous pression entre charges administratives, difficultés de financement, coûts salariaux, concurrence déloyale ou contrainte pour embaucher du personnel qualifié, constate la ministre. En Belgique, 50 % des entreprises cessent ainsi leurs activités dans leurs cinq premières années. "On doit pouvoir donner une seconde chance à tous ces entrepreneurs qui ont connu un échec, du moins si leur faillite n'est pas frauduleuse, insiste Éléonore Simonet. Nelson Mandela disait : "Je ne perds jamais, soit j'apprends, soit je gagne".
Le gouvernement fédéral va ainsi renforcer le droit à l'oubli pour ces gens ayant connu une faillite, notamment en leur permettant de se "déférencer" sur les moteurs de recherche accessible au grand public ou auprès des banques.
"On n'impose pas à une indépendante de prendre ces congés : certaines mères veulent retravailler le lendemain de leur accouchement. Mais on lui propose cette possibilité."
Dans son plan, l'élue MR veut limiter "le plus possible" les obstacles à l'entrepreneuriat. Parmi ceux-ci, il y a notamment la question du statut social des indépendants que la libérale veut harmoniser avec celui des salariés. "Je suis choquée de constater qu'une mère n'égale pas une autre mère en Belgique, développe la fille de Jacques Simonet qui va faire passer les congés de maternité de 12 à 15 semaines pour les indépendants, comme pour les salariées et les fonctionnaires. Je suis libérale. On n'impose pas à une indépendante de prendre ces congés : certaines mères veulent retravailler le lendemain de leur accouchement. Mais on lui propose cette possibilité".
Autre mesure, celle des congés parentaux, (qui permet aux travailleurs de suspendre ou réduire leur travail pour s'occuper d'un enfant de moins de 12 ans, NdlR), une possibilité qui n'existe pas dans notre pays pour les indépendants. "Ce n'est pas juste. Un enfant ne doit pas pâtir du métier de ses parents". D'ici 2028, les indépendants auront donc droit à ces congés. L'idée est de les introduire graduellement, à commencer par une semaine d'ici deux ans pour arriver à quatre mois, comme les salariés, au cours des prochaines années.
La mesure a déjà été budgétisée : cela coûtera 5 millions à l'État pour 2028 et 80 millions une fois que la possibilité de quatre mois de congé sera introduite. Il nous revient que le cabinet Simonet fera le forcing lors des prochaines discussions budgétaires de l'Arizona pour faire passer cette possibilité à deux semaines dès 2028.
Lutte contre le vol à l'étalage et licornes
D'autres mesures du plan Simonet, validé par l'Arizona, concernent l'accès au financement alternatif ("il y a 300 milliards d'euros qui dorment sur mes comptes d'épargne belge, on doit pouvoir les encourager à financer des PME"), la simplification administrative, l'accès des PME aux marchés publics, la transition énergétique ou l'entrepreneuriat porté par les femmes.
La jeune ministre veut également lutter contre le vol à l'étalage, en permettant aux commerçants de toucher directement un pourcentage de l'amende administrative payée par le voleur. Enfin, Éléonore Simonet veut favoriser l'émergence de start-up et de scale-up en Belgique, notamment en facilitant l'octroi de visas à des talents étrangers. "Il faut créer un écosystème favorable à l'innovation et à la croissance. L'Union européenne ne compte que 263 licornes (NdlR : start-up non cotées en Bourse et d'une valorisation supérieure à un milliard de dollars, NdlR), alors que les États-Unis en hébergent 1 539 et la Chine 387".
