GSK: les réunions s'enchaînent mais les interrogations demeurent
Les syndicats ont été reçu vendredi par le gouvernement wallon, qui leur a garanti d'être à leurs côtés lors des négociations pour diminuer le nombre de licenciements. Des pistes d'action politique ont été évoquées.
- Publié le 07-02-2020 à 17h17
- Mis à jour le 19-02-2020 à 14h53

Les syndicats ont été reçu vendredi par le gouvernement wallon, qui leur a garanti d'être à leurs côtés lors des négociations pour diminuer le nombre de licenciements. Des pistes d'action politique ont été évoquées.
Suite à l'annonce de restructuration faite mercredi par la direction de la filiale belge du groupe pharmaceutique GSK, le personnel de l'entreprise a été informé des détails de ce plan qui prévoit la suppression de près de 1000 emplois (720 CDI et 215 CDD non reconduits). Des assemblées générales (AG) du personnel se tiennent ce vendredi, depuis 5h30 ce matin, sur les différents sites de GSK Belgique. Mais, vu l'ampleur de la tâche (GSK compte 9000 travailleurs), il est plus que probable que ces AG doivent se poursuivre lundi, indique Martine Van Campenhout, déléguée CGSLB.
"La mobilisation du personnel est importante. Il y a énormément de monde présent aux assemblées. Les gens nous posent beaucoup de questions, tant oralement que par mail, au point que nous sommes un peu débordés par les contacts directs avec le personnel. Nous collectons toutes ces interpellations afin de pouvoir poser les questions nécessaires à la direction au prochain conseil d'entreprise", dit-elle. En conséquence, le conseil d'entreprise prévu lundi est reporté à mercredi afin que les organisations syndicales aient le temps d'achever les séances d"information au personnel et de préparer leurs questions.
Des questions qui concernent le sort des employés et cadres de l'entreprise, menacés respectivement par 125 et 595 licenciements. "Les gens sont très dubitatifs car GSK a engrangé pas mal d'argent; ils se demandent alors pourquoi ils licencient et qui va être visé", signale Martine Van Campenhout.
En front commun, les syndicats ont déposé un préavis de grève et d'action à durée indéterminée afin de couvrir d'éventuels arrêts de travail spontanés. Aucun débrayage n'est toutefois prévu avant le prochain conseil d'entreprise de la procédure Renault de licenciement collectif.
Le gouvernement wallon "vraiment à l'écoute"
En début d'après-midi, une délégation de permanents syndicaux a été reçue à Namur par le gouvernement wallon, au lendemain de la rencontre entre l'administrateur délégué de GSK et les ministres wallons. Au sortir de cette réunion, Pascal Strube, permanent Setca, se disait agréablement surpris. "Le dialogue a été très constructif. Le gouvernement s'est montré empathique, véritablement à l'écoute et bien conscient qu'il s'agit d'un drame social. Il s'interroge sur l'avenir de GSK, sur la question de l'investissement de 500 millions d'euros annoncé mercredi. Les ministres ont témoigné de leur volonté de trouver des pistes pour limiter les licenciements, en appui des syndicats et si besoin", déclare-t-il. Ces pistes, qui ne sont pas encore révélées, Pascal Strube les juge "intéressantes".
Dans un communiqué publié après cette entrevue, le gouvernement wallon ne s'est pas montré très loquace. Auprès de la direction de GSK, le gouvernement fait savoir qu'il a "insisté pour que tout soit entrepris pour réduire sensiblement le volume des licenciements et pour en éviter d'autres dans le futur. Il a demandé que GSK confirme que le quartier général de la division GSK Vaccines restera de façon pérenne en Wallonie". Une demande de rencontre avec le CEO de GSK Mondial Vaccins a également été introduite.
Par ailleurs, le Syndicat neutre pour indépendants (SNI) a appelé le gouvernement vendredi à prendre des mesures de soutien pour les PME et indépendants sous-traitants de GSK qui feront les frais de la restructuration du groupe pharmaceutique.
