Comment Amelia, personnage fictif de jeu vidéo éducatif, est devenue la star IA de l'extrême droite britannique
Personnage fictif d'un jeu britannique de prévention de la radicalisation, Amelia est devenue un mème viral détourné par des réseaux d'extrême droite sur les réseaux sociaux.
- Publié le 27-01-2026 à 18h10
- Mis à jour le 27-01-2026 à 18h18
Cheveux violets, robe rose, collier ras-du-cou et Union Jack dans les mains : Amelia est une jeune femme souriante devenue, en quelques jours, un petit phénomène sur Internet, tout particulièrement dans la sphère d'extrême droite britannique.
Amelia n'existe pas : il s'agit d'un personnage tiré de Pathways, un jeu vidéo pédagogique anti-radicalisation, financé par le ministère de l'Intérieur du Royaume-Uni. Dans ce jeu, Amelia est présentée comme un personnage actif dans un groupe fictif qui "défend les droits des Anglais" et manifeste contre l'immigration.
Le personnage a séduit l'extrême droite britannique qui, grâce à l'intelligence artificielle, s'amuse à créer et publier des photos et vidéos provocantes et souvent racistes d'Amelia dans toutes sortes de situations : brûlant une photo de Keir Starmer, habillée en police de l'immigration américaine (ICE) ou encore mettant en garde contre "des musulmans militants" et des "migrants du tiers monde".

Selon Peryton Intelligence, une société britannique spécialisée dans la surveillance de la désinformation, les premiers détournements d'Amelia datent du 9 janvier. C'est un compte anonyme, habitué à diffuser des messages d'extrême droite, qui a lancé ce "mème" (concept massivement repris, décliné et détourné sur Internet, ndlr).
Depuis mi-janvier, le contenu lié à Amelia est passé de 500 à près de 10.000 publications par jour sur X et Facebook. La viralité du personnage s'est rapidement étendue au-delà du Royaume-Uni, touchant désormais des audiences internationales.
Plus surprenant encore : une cryptomonnaie Amelia a vu le jour. Des utilisateurs tentent de tirer profit de la valeur de cette tendance à mesure que sa popularité augmente. Elon Musk a récemment republié une publication faisant la promotion d'un jeton de cette cryptomonnaie.
Matteo Bergamini, fondateur de Shout Out UK, interrogé par The Guardian, assure que le jeu avait, à l'origine, vocation à être utilisé en classe, en complément de ressources pédagogiques.
Selon le ministère de l'Intérieur britannique, le programme Prevent a par ailleurs permis de détourner près de 6 000 personnes d'idéologies violentes.