Dégradation de la note financière : "Les marchés ont déjà réagi", dit l'Agence de la Dette
Le directeur de l'Agence fédérale de la Dette, Jean Deboutte, ne s'attend pas à une réaction immédiate des marchés financiers, après la nouvelle dégradation de la note financière de la Belgique, cette fois par l'agence de notation Standard & Poors (S&P). "Mais nous ne pouvons pas afficher un déficit budgétaire de 5% pendant des années sans nous retrouver à nouveau sous pression", prévient-il.

- Publié le 25-04-2026 à 12h28
- Mis à jour le 25-04-2026 à 12h30

Après Fitch et Moody's, S&P a également dégradé la note financière de la Belgique après la fermeture de la bourse vendredi. Cela signifie que l'agence de notation juge moins favorablement la capacité de l'État belge à rembourser ses dettes, ce qui pourrait à nouveau exercer une pression à la hausse sur les taux d'intérêt belges.
M. Deboutte ne s'attend pas à une réaction immédiate sur les marchés financiers la semaine prochaine. "Cette réaction a déjà eu lieu ces deux dernières années. Les marchés ne voyaient plus d'issue favorable et ces perspectives sont restées inchangées", analyse le directeur.
Après plusieurs années avec un taux d'intérêt assez bas, les charges d'intérêt sont à nouveau à la hausse. Elles pèsent sur les efforts déployés par le gouvernement pour réduire les dépenses primaires (les dépenses publiques hors charges d'intérêt, NDLR). À cela s'ajoute le fait que les revenus ont légèrement baissé.
La Belgique avait enregistré le déficit budgétaire le plus élevé de la zone euro l'année dernière à 5,2% du PIB. La moyenne se situe à 3%. La dette publique se situait l'année dernière à 107,9% du PIB. La Grèce, l'Italie et la France ont enregistré une dette plus importante, mais c'est celle de la Belgique qui a le plus augmenté.
Jean Deboutte ne pense pas que les agences de notation dégraderont une nouvelle fois la note financière belge cette année ou l'année prochaine. Selon lui, il s'agit désormais de "stabiliser la situation" et "si possible d'aller encore plus loin". Une baisse du déficit budgétaire à 4% peut mener à une diminution des taux d'intérêt.
