Les écoles liégeoises en grève face à une nouvelle réforme : "20h face classe, c'est déjà au minimum 40 à 45 heures de travail par semaine"
À Liège, les enseignants du secondaire se mobilisent contre la réforme portée par la ministre Valérie Glatigny, qui prévoit d'augmenter leur charge de travail de 20 à 22 heures face classe sans revalorisation salariale. À l'approche du vote du 27 mai, actions, piquets et manifestations s'organisent dans toute la ville.
- Publié le 27-04-2026 à 09h50

Les enseignants liégeois ne lâchent rien face aux réformes annoncées par la ministre Valérie Glatigny. Parmi celles-ci, l'augmentation de la charge de travail des enseignants du degré supérieur. Ainsi, un professeur devra prester 22 heures face classe et non plus 20 heures comme actuellement. Selon la ministre libérale, cette mesure est une question d'égalité.
En effet, les enseignants du degré inférieur prestent 22 heures, "mais on le savait en s'engageant", insiste Johan Van de Plas, professeur de mathématiques à la Ville de Liège. "Il faut arrêter de faire croire à la population que nous sommes jaloux de nos collègues et assumer : c'est une réforme financière et rien d'autre", déclare-t-il. "20h face classe, c'est déjà au minimum 40 à 45 heures de travail par semaine pour l'immense majorité d'entre nous. Avec cette réforme, on devra donc encore assurer 10 % de travail en plus sans compensation, au détriment de la qualité de l'enseignement", ajoute une autre enseignante. Cette augmentation de la charge (sans augmentation de salaire) est destinée au vote le 27 mai prochain. Les enseignants, à l'aube des vacances, se sont donc organisés.
"Nous ne rentrerons pas à l'école, alerte Johan Van de Plas. L'idée, c'est de tenir jusqu'à la date butoir". "La ministre doit nous entendre, elle doit nous croire quand nous disons que faire des économies sur l'enseignement, c'est sacrifier les nouvelles générations", alerte Sabine (prénom d'emprunt), professeure de français à la Ville.
Des piquets devant les écoles
C'est dans ce contexte qu'un mouvement inédit de grève s'organise au sein de la Cité ardente. Ainsi, le 11 avril, une action "paillasson" sera organisée sur la passerelle Saucy. "Paillasson pourquoi ? Parce qu'on nous marche dessus sans arrêt", s'amusent à moitié les enseignants. Ensuite, le 12 mai, c'est jour de manifestation nationale. Rendez-vous est pris à Bruxelles pour s'opposer au Gouvernement Arizona et ses réformes "antisociales". Mais les Liégeois ne comptent pas s'arrêter là.
En effet, dès le 13 mai, une série d'actions quotidiennes et de piquets impacteront l'enseignement ardent. Plusieurs écoles du libre ainsi qu'une grande partie des écoles de la Ville ont déjà rejoint le mouvement. "Il y a une vraie force du collectif qui se crée et nous devons en tirer profit", indique plein d'espoir Johan Van de Plas. De plus, "les syndicats sont derrière nous et nous couvriront jusqu'au 27 mai si nécessaire".
La lutte prend de l'ampleur et l'union fait la force chez les enseignants liégeois, qui attendent encore un réel soutien de la part de leur Pouvoir Organisateur.
Du soutien du PO
Les 12 et 13 mai se tiendra le Salon de l'orientation et de l'enseignement de la Ville de Liège au Reflektor. Durant deux jours, les écoles communales seront réunies afin d'informer le public et d'accompagner les jeunes dans leur choix d'orientation. L'échevinat souhaite, grâce à ce "SIEP communal", booster les inscriptions au sein de ses établissements.
"Nous serons là pour représenter nos écoles et pour mettre en lumière nos établissements. Nous espérons qu'en échange, notre échevine, Julie Fernandez Fernandez, se positionnera officiellement et nous soutiendra ouvertement à son tour contre les mesures antidémocratiques d'une ministre qui n'a d'autre but que de foutre en l'air l'enseignement", conclut Johan Van de Plas.
