Les étudiants réunis à Bruxelles contre la hausse du minerval : "Le gouvernement a franchi la ligne rouge"
De nombreux étudiants se rassembleront une nouvelle fois ce mardi 24 mars pour protester contre la hausse du minerval.

- Publié le 23-03-2026 à 18h42
- Mis à jour le 24-03-2026 à 16h01

Ce 24 mars, de nombreux étudiants sont attendus à la manifestation organisée par la Fédération des étudiants francophones (FEF) contre l'augmentation du minerval. Le cortège démarrera de la Gare Centrale pour ensuite prendre la direction du gouvernement de la FWB.
Pour rappel, le prix du minerval passera à la rentrée prochaine (2026-2027) d'environ 835€ à 1194 € par an (tarif plein). Les tarifs intermédiaires prévus pour certains étudiants ne suffisent pas à apaiser la colère. Explications avec le président de la FEF, Adam Assaoui.
Combien de participants sont attendus ?
Cela pourrait être la plus grande manifestation de la FEF de ces dix dernières années. La question sera de savoir si les étudiants sont prêts à sécher les cours et leurs jobs étudiants pour se mobiliser. On ne dénonce pas une mesure qui ne concerne que quelques étudiants : chacun souhaite que ses enfants et ceux des autres puissent accéder à l'enseignement de manière abordable.
Quelles sont vos revendications ?
Sur les campus, la colère monte contre le gouvernement Degryse - du nom de la ministre-présidente Les Engagés - qui a franchi la ligne rouge. Il sape cette logique d'accessibilité aux études en augmentant le minerval pour refinancer la Fédération Wallonie-Bruxelles aux frais des étudiants et des parents. Et ce, d'une manière assez importante et inédite.
Les étudiants qui travaillent déjà quelques heures par semaine pour payer leurs études vont devoir débourser une somme encore plus importante. Ceux dont la demande de bourse ou d'aide sociale a été refusée n'auront pas beaucoup de solutions. Ils devront jobber plus, voire décider s'ils peuvent encore continuer leurs études. Le gouvernement pousse ces étudiants dans la précarité.
Il y aura aussi des conversations compliquées dans les familles. Si la fratrie compte trois enfants, les parents sauront-ils envoyer les trois aux études supérieures ?
Qu'espérez-vous de cette manifestation ?
On a rarement eu un gouvernement qui faisait autant la sourde oreille. On n'entend pas beaucoup Les Engagés sortir sur la question des minervals, ou défendre leur réforme dans la presse. En fait, ils se cachent. Et quand on discute avec eux, on a vraiment l'impression d'être face à un mur.
On espère donc de cette manifestation que Les Engagés comprennent que les étudiants et les familles ont du mal. Il y a des familles pour qui 300€ ou 400€ de différence, c'est énorme. Cette réforme attaque en particulier la classe moyenne qui n'a pas droit aux bourses.
On attend que, petit à petit, le gouvernement comprenne qu'il a fait une erreur et qu'il faut revenir en arrière avant qu'il ne soit trop tard. Parce que nous, on se battra jusqu'au retrait de cette mesure.
On dit pourtant que les études supérieures en Belgique sont abordables par rapport à d'autres pays. En Angleterre, il faut par exemple débourser plus de 10 000€ par an, aux Pays-Bas plus de 2 100€, ...
On dit toujours qu'en Belgique ce n'est pas cher et qu'il faut regarder comment ça se passe ailleurs, par exemple aux États-Unis où une année coûte 20 000€. Mais cela soulève aussi la question du modèle de société que l'on souhaite. Qui, aujourd'hui, pourrait défendre le fait que les étudiants devraient s'endetter et jobber plus ? Il faut au contraire chérir le modèle que l'on a, et être fier d'une Fédération Wallonie-Bruxelles qui a fait pendant 15 ans le choix de l'accessibilité. On ne peut pas aller regarder chez nos voisins et dire "chez eux ça ne se passe pas bien. On va donc faire pareil". Ça n'a aucun sens.
