Quels enjeux aux prochaines élections pour le PS? Le parti face à un grand danger et à des choix qui seront cruciaux
Le PS entend conserver sa première place dans les grandes villes wallonnes. Au niveau provincial, il n'est pas exclu que les socialistes vivent un remake du 13 juin.

- Publié le 20-09-2024 à 06h31
- Mis à jour le 23-09-2024 à 13h50

Trois mois après un scrutin qui a vu le PS perdre le pouvoir en Wallonie, en Fédération Wallonie-Bruxelles et, plus que probablement, au fédéral, le parti va à nouveau se confronter avec l'électeur. Le président, Paul Magnette a beau dire que les élections communales et provinciales du 13 octobre ne doivent pas être prises dans leur ensemble et que chaque équipe doit mener son combat sans que le parti s'en mêle de près, le résultat d'ensemble des troupes socialistes sera scruté dans tous ses détails.
Après le succès des libéraux et des Engagés lors des élections législatives et régionales de juin, bien malin celui qui peut prédire les résultats des élections communales et provinciales. Deux sentiments d'apparence contradictoires se confrontent. Le premier se forge sur la particularité des élections communales. Le PS qui est aux affaires dans l'ensemble des grandes villes wallonnes (à l'exception de Namur) semble toujours bien ancré dans les bastions urbains, même si son succès a tendance à s'éroder un peu de scrutin local en scrutin local. Là où il est fort, de nombreux observateurs le voient le rester, en enregistrant quand même un léger ressac.
L'autre sentiment a été généré par les résultats du 13 juin. Les électeurs des grands bastions socialistes qui ont changé de vote en juin vont-ils revenir au PS au niveau communal ? Si c'est le cas, le PS a du souci à se faire. Dans le Hainaut, à Charleroi, son score est resté stable par rapport à 2019. À Mons par contre, le PS a reculé pour la Chambre. Mais il s'est maintenu à la Région, où la présence du bourgmestre Nicolas Martin sur la liste a sans doute joué un rôle important.
En province de Liège, les socialistes ont un peu reculé à Liège et à Herstal mais sont restés au même niveau qu'en 2019 à Seraing. Du côté bruxellois, le PS qui s'était mieux comporté qu'en Wallonie au niveau régional devrait, en toute logique, conforter sa position. Molenbeek sera quand même scrutée avec intérêt.
Ces différentes indications peuvent laisser penser que le PS est en mesure de sauver les meubles.
Une alliance anti-PS
Le plus grand danger, pour le parti socialiste, c'est que, profitant d'un recul même léger de sa part, des listes rivales s'allient pour l'évincer du pouvoir. La perte d'une grande ville ou d'un bastion socialiste emblématique créerait un remous inévitable au sein du parti que le président veut transformer dans les années qui viennent. En cas de défaite, les barons socialistes lui laisseront-ils le temps de mener cette mue ? Il se murmure que l'avenir de Magnette est lié, chez certains, au résultat du scrutin communal. On peut penser qu'en cas de déroute à Charleroi, ce qui paraît quand même peu probable, son avenir à la tête du parti soit compromis.
Et puis il y a les choix que le parti posera au soir des élections. Partout où il n'aura pas la majorité absolue, les choix que poseront les socialistes seront cruciaux. Que se passera-t-il si, dans une commune, le parti est condamné à choisir entre le PTB et le MR ? Le PS a martelé sur tous les toits que le PTB ne voulait pas vraiment participer au pouvoir. Mais au niveau communal, cela semble beaucoup moins vrai. Or le président du parti a aussi très souvent répété que partout où il le pourrait, il scellerait des majorités sans le MR. Les libéraux qui ont ravi la première place en Wallonie et à Bruxelles aux socialistes espèrent se retrouver aux côtés des Engagés dans un maximum de commune, histoire d'avoir un lien entre le gouvernement wallon, celui de la Fédération Wallonie-Bruxelles et les communes.
Et à Bruxelles, là où MR et Engagés devraient gouverner avec le PS, la logique est-elle la même ?
L'inconnue provinciale
Enfin, il y a le niveau provincial, celui où le PS est aux affaires, dans le Hainaut (avec le MR), Liège (avec le MR), le Brabant wallon (avec le MR) et en province de Luxembourg (avec les Engagés). Ici, la situation pourrait être plus proche de celle des élections du 13 juin. Dans leur grande majorité, les électeurs ne votent pas pour la province comme ils le font pour la commune. À la commune, la couleur politique est moins importante. Certains candidats misent sur le bilan en se présentant sur une liste du bourgmestre, par exemple. À la province, un niveau de pouvoir moins proche que la commune, on en revient aux votes plus marqués idéologiquement. Le PS pourrait donc rencontrer plus de difficultés à maintenir un pourcentage d'électeurs similaire à celui qui était le sien il y a six ans. À moins que les Wallons, plus attachés qu'il n'y paraît à leurs provinces, votent en masse pour un parti qui, contrairement au MR et aux Engagés, n'a pas annoncé qu'il fallait supprimer l'institution. Improbable.
