Hélène Lebrun (MR), bourgmestre de Houyet: "J'ai pris de plein fouet la crise sanitaire et les inondations"
Dans le cadre de la campagne pour les élections locales du 13 octobre, La Libre se penche sur l'itinéraire de plusieurs bourgmestres. Le premier numéro de cette série est consacré à Hélène Lebrun, la jeune bourgmestre MR de Houyet dans la province de Namur.

- Publié le 16-09-2024 à 08h36
- Mis à jour le 23-09-2024 à 12h43

Hélène Lebrun fait partie des plus jeunes bourgmestres wallons élus en 2018, lors des derniers scrutins locaux. Elle avait 30 ans lorsqu'elle s'est installée à l'hôtel de Ville de Houyet, une commune composée d'une vingtaine de villages dispersés sur 122 km2 près de la Lesse. Bienvenue dans l'idyllique et verdoyant sud de la province de Namur. Bien qu'elle ait choisi les sciences politiques comme discipline universitaire, étudiante, elle ne pensait pas conquérir un jour un mayorat. Comme souvent en politique locale, son itinéraire a pris sa source dans un mélange de hasard et d'opportunité saisie.
Pas de grandes ambitions, au début
"Après un cursus aux Facultés de Namur et à l'UCLouvain, j'ai obtenu mon diplôme en science politique et un master en science de gestion. Je suis sortie de l'université en 2012, qui était une année électorale au niveau local, explique-t-elle. J'ai toujours été très investie dans différentes organisations : comité des rhétos, comité du village, scouts, dans la FJA, la Fédération des jeunes agriculteurs… Entre autres ! Et un mois avant le scrutin de 2012, l'ancien chef de file de l'Union villageoise (un parti local d'inspiration libérale mais qui n'a pas l'étiquette officielle du MR, NdlR) me propose de me présenter sur sa liste. Je venais de commencer à travailler pour François Bellot alors bourgmestre MR de Rochefort et sénateur. Je me suis dit 'pourquoi pas', mais sans avoir de grandes ambitions."
J'ai toujours été très investie dans différentes organisations : comité des rhétos, comité du village, scouts, dans la FJA, la Fédération des jeunes agriculteurs… Entre autres !"
Pourtant, Hélène Lebrun réalise le meilleur score de la liste. Elle entre par la grande porte au conseil communal. Face à un cartel PS-CDH qui cadenasse le collège, elle reste dans l'opposition. Une chance, selon elle. Ce mandat lui a permis de faire ses premières armes et de découvrir le jeu politique local, ses trucs et ses astuces. "Même si j'avais fait science politique, ces six ans dans l'opposition m'ont formée à la réalité de terrain, au fonctionnement d'une commune au quotidien."
Meilleur score de la meilleure liste
En 2018, élections communales suivantes. La jeune femme est promue et obtient la tête de la liste Union villageoise, qui remporte le scrutin. Hélène Lebrun réalise à nouveau le meilleur score personnel et renverse l'ancienne majorité. Les portes du collège s'ouvrent. "On a fait alliance avec une autre liste et c'est comme cela que je suis devenue bourgmestre à 30 ans. L'une des plus jeunes de Wallonie."
Pour ce premier mandat à la tête de Houyet, elle n'a pas été épargnée. "Dès les premiers instants, j'ai eu des difficultés, reconnaît-elle. Nous avions renversé la majorité en place et l'opposition était revancharde. Elle l'est toujours d'ailleurs…. On a tenu bon, mais ce n'était pas évident. En outre, nous étions face à une administration qui n'avait pas évolué avec son temps, il fallait absolument la moderniser et la simplifier. Il n'y avait plus de directeur général à sa tête…"
Un féminicide
Comme de nombreux mandataires communaux, Hélène Lebrun a subi en première ligne les coups du sort, qu'ils relèvent de la pandémie, du changement climatique ou de la rubrique "faits divers". "J'ai pris de plein fouet la crise sanitaire et les inondations. Cela m'a fort touchée. Notre école a été totalement sinistrée, ainsi que le camping… Il y a eu plus deux mètres d'eau dans certaines habitations : 60 maisons ont été inondées. Et, durant mon mandat, on a connu malheureusement d'autres drames : des accidents mortels, un féminicide… Il se passe beaucoup de choses à Houyet."

La mobilité, au cœur des besoins locaux
Une commune rurale comme Houyet n'est bien entendu pas confrontée aux mêmes enjeux que les grandes villes. Mais ce n'est pas pour cela que tout va bien, estime celle qui est candidate à sa reconduction à l'hôtel de Ville. Les problématiques locales touchent le service aux personnes. En particulier, aux jeunes et aux séniors. "Difficile d'attirer des jeunes s'ils n'ont pas un accès au logement. Il faut que la commune soit attractive pour les jeunes ménages. Il y a aussi la question de la mobilité. On a la chance d'avoir la ligne de chemin de fer Dinant-Bertrix qui traverse la commune avec deux gares. Mais on n'a pas d'offre de bus, à part dans certaines localités mais uniquement pour les horaires scolaires. Chez nous, la voiture reste donc indispensable. On a aussi une explosion du nombre de gîtes, comme plusieurs communes rurales du sud de la province. Houyet ne connaît pas la situation de La Roche-en-Ardenne ou de Durbuy mais on est vigilant : le collège veille à n'accepter que les gîtes de petite capacité."
On n'a pas d'offre de bus, à part dans certaines localités mais uniquement pour les horaires scolaires. Chez nous, la voiture reste donc indispensable."

