Des ennuis pour Julie Taton, du changement pour Paul Magnette
Chaque vendredi, La Libre vous propose de retrouver les dernières actualités marquantes concernant les élections communales du 13 octobre.

- Publié le 30-08-2024 à 14h26
- Mis à jour le 11-09-2024 à 15h38

C'est reparti ! Deux mois et demi seulement après les élections fédérales, régionales et européennes, les partis se relancent dans la bataille. Cette fois, dans le cadre du scrutin communal. Et cette campagne risque d'être d'autant plus périlleuse qu'elle se déroule en même temps que les négociations pour la formation des gouvernements fédéral, bruxellois et flamand. Temps forts, candidatures surprises, tensions... La Libre vous propose chaque vendredi de retrouver les faits les plus marquants de la semaine de campagne.
1. Mais où habite Julie Taton ?
C'est un changement d'adresse qui a fait beaucoup de bruit. Julie Taton, la nouvelle recrue du MR qui a fait un carton au scrutin du 9 juin, a plié bagage, quittant sa villa de Lasne pour... l'appartement de Georges-Louis Bouchez à Mons. Le président de parti a cédé temporairement son domicile à l'ancienne speakerine de RTL, qui se présente aux communales sur la liste de Mons en Mieux. Si la manœuvre a déjà surpris - et a soulevé des questions au vu du timing choisi -, c'est surtout le refus de la police de domicilier Mme Taton à Mons qui a mis le feu aux poudres.
Pour le MR, il ne s'agissait ni plus ni moins d'un acte politique. La formation libérale a ainsi pointé du doigt son adversaire de toujours, le PS, arguant que l'agent communal responsable du dossier serait candidat socialiste à Mons. "Si les contrôles étaient aussi excessifs pour chacun, je ne peux m'expliquer la présence de tant de personnes sans papier dans le quartier de la gare", a commenté Georges-Louis Bouchez. Les propos du leader libéral ont fait bondir le bourgmestre de Mons, Nicolas Martin (PS). "Ces attaques donnent le sentiment d'un homme en panique, déboussolé et rattrapé par son amateurisme et son manque flagrant de respect des lois et des Montois. (....) Pour la Liste du Bourgmestre, le problème (...) est la tentative avortée de fraude au domicile dont se sont rendus coupables les députés MR Georges-Louis Bouchez et Julie Taton."
Au centre de la polémique, l'ancienne Miss Belgique a fini par sortir du silence, ce mardi 27 août à l'occasion de la conférence de presse que tenait son parti dans la Cité du Doudou pour le lancement de la campagne communale. "Lorsque j'ai vu les proportions que cela prenait, je me suis demandé ce qu'il se passait", a avoué la libérale. "Je sais pourquoi je me suis engagée et je souhaite continuer à aider mon parti. Je me suis focalisée sur le Hainaut parce que c'était la suite logique. J'aime les gens, j'aime être sur le terrain, avoir des moments intenses et sincères, chercher des solutions. Le niveau communal permet ce véritable échange. Je fais les choses à l'envers mais je suis confiante car tout a été fait dans les règles et le sourire des Montois me conforte dans l'idée que c'était une bonne décision." On apprend d'ailleurs ce vendredi que la député libérale a porté plainte contre X pour divulgation d'informations personnelles dans la presse suite à l'annonce de ce refus concernant son nouveau lieu d'habitation.
Il n'en reste que la domiciliation de Mme Taton à Mons n'est toujours pas effective. Et que les élections approchent à grands pas.
2. La Team Fouad Ahidar et ses nombreuses recrues à la conquête des communales
Surprise du scrutin du 9 juin dernier, la Team Fouad Ahidar va-t-elle également briller lors de ces élections communales ? Le président et fondateur du jeune parti s'applique en tous les cas à gonfler ses rangs, au détriment des autres formations politiques. Comme il l'avait annoncé dans La Libre, l'ancien élu socialiste flamand a multiplié les nouvelles recrues ces dernières semaines. Et Fouad Ahidar a été chercher des candidats tant à gauche qu'à droite de l'échiquier politique.
On peut par exemple citer Elias Ammi, qui était jusqu'à il y a peu président de la section locale de DéFi à Schaerbeek. Ou encore Sarah Bestrioui, qui avait récolté 1.077 voix à la 47e place de la liste Ecolo lors des élections régionales du mois de juin. Une ex-élue N-VA a également annoncé rejoindre le nouveau parti de Fouad Ahidar.
S'il n'a pas encore réussi à s'imposer dans les négociations bruxelloises, Fouad Ahidar a déjà fait part de ses objectifs ambitieux pour ces communales. L'homme souhaite voir sa formation politique devenir "le parti pivot dans les communes bruxelloises". "Si le PS et le MR décident de se mettre ensemble, mais n'ont pas assez de sièges, ils devront choisir entre Écolo, les Engagés et nous, pour former une majorité. Nous voulons être incontournables", a-t-il déclaré dans La Libre.
3. Paul Magnette laisse la place à Thomas Dermine à Charleroi
Paul Magnette est-il prêt à retirer son écharpe de mayeur ? S'il n'a pas encore fait part de ses plans, le président du PS a envoyé un message fort, ce jeudi 29 août, en choisissant de ne pas être tête de liste à Charleroi. C'est le secrétaire d'Etat à la relance, Thomas Dermine, qui tirera la liste socialiste du Pays Noir. L'actuel bourgmestre se présentera quant à lui à la troisième place lors de ces élections communales.
Les décisions prises ce jeudi en "comité des sages" du Parti Socialiste doivent encore être validées par les militants réunis en congrès ce samedi. Davantage d'explications devraient être fournies sur le choix de Paul Magnette de ne pas occuper la tête de liste, contrairement aux deux précédents scrutins communaux.
D'aucuns postulent que la raison est simple: l'homme veut se concentrer sur son rôle de président de parti, qui sera bien différent sous cette législature. Sa formation politique a rejoint l'opposition en Wallonie et connaîtra certainement le même sort au fédéral. Paul Magnette se verrait dès lors bien en leader de l'opposition de "gauche". Ce qui demande de l'investissement et du temps... dont il manque parfois cruellement. Mais il s'agit aussi de montrer aux électeurs que les socialistes ont entendu leur désarroi lors du scrutin du 9 juin. Un vent de renouveau semble crucial pour surmonter l'échec.
Le choix de Thomas Dermine pour reprendre les rênes à Charleroi n'est donc pas surprenant. D'autant qu'aux régionales, il était allé chercher 9 600 voix de préférence à Charleroi. La star montante du Parti socialiste occupait par ailleurs la 17e place de notre classement des personnalités politiques préférées des Wallons en avril 2024. Cette décision n'est toutefois pas sans risque vu la popularité énorme du président du PS (qui a totalisé 18.000 voix de préférence le 9 juin à Charleroi) dont le parti va - en partie - se priver.
