Attentat au Musée juif de Belgique : Mehdi Nemmouche va-t-il livrer ses secrets?

- Publié le 10-01-2019 à 07h10
- Mis à jour le 10-01-2019 à 10h13

L'attentat antisémite au Musée juif de Bruxelles, qui a coûté la vie à quatre personnes le 24 mai 2014, avait ému l'ensemble de la communauté internationale. Mehdi Nemmouche, qui comparaît pour ce quadruple assassinat, nie en être l'auteur.
Malgré les éléments accablants qui pointent vers lui, Mehdi Nemmouche entend "voir son innocence reconnue", comme l'ont indiqué ses avocats. Sept semaines sont prévues pour le procès d'assises : après la lecture de l'acte d'accusation, jeudi et vendredi, le procès connaîtra un temps fort avec l'interrogatoire de Mehdi Nemmouche, à partir de mardi.
L'ombre de l'organisation djihadiste État islamique (EI) pèsera sur le procès. L'attentat n'a pas été revendiqué en tant que tel, mais Mehdi Nemmouche a parsemé son chemin de cailloux qui mènent à l'EI. Ainsi du drapeau de l'EI qui emballait une partie de ses armes lors de son arrestation à Marseille, le 30 mai 2014.
L'ombre d'Abdelhamid Abaaoud
Les enregistrements vidéo de revendication retrouvés dans l'ordinateur de Mehdi Nemmouche mènent également vers l'État islamique. D'une voix impérieuse et gutturale, qui serait celle de Mehdi Nemmouche, un homme, que l'on ne voit pas sur les images, cite le nom arabe du groupe djihadiste.
Et il l'annonce : "Ce n'est que le début d'une longue série d'attaques sur la ville de Bruxelles, nous avons la ferme détermination de mettre cette ville à feu et à sang."
Ces liens avec l'État islamique paraissent d'autant plus évidents, qu'avant qu'il ne s'envole, au départ de la Turquie, pour l'Asie du Sud-Est, le 21 février 2014, Mehdi Nemmouche avait été l'un des geôliers de quatre journalistes français retenus otages en Syrie.
Il n'y a pas d'éléments qui indiquent que Mehdi Nemmouche aurait été directement missionné par l'État islamique. Mais des échanges téléphoniques ne manquent pas d'intriguer, comme le découvriront déjà les policiers belges, début juin, à peine 10 jours après l'arrestation de Nemmouche à Marseille.
Via son téléphone turc, Mehdi Nemmouche a tenté de joindre le 16 janvier 2014 Dniel Mahi, qui avait rejoint les rangs du djihad en Syrie. Le même jour, à 14 h 45 et 14 h 53, c'est le GSM belge d'Abdelhamid Abaaoud qui joint le téléphone turc de Mehdi Nemmouche. Le deuxième appel dure 24 minutes.
Abdelhamid Abaaoud sera le maître d'œuvre de l'EI dans ses projets d'attentat en Europe. Il était derrière la cellule de Verviers (démantelée le 15 janvier 2015), l'attaque manquée dans le Thalys (le 21 août 2015) et les attentats du 13 novembre 2015 à Paris, avant d'être tué cinq jours plus tard.
On ne connaît pas la teneur de l'échange de 24 minutes entre Nemmouche et Abaaoud, si du moins ce sont bien eux qui étaient derrière le combiné le 16 janvier 2014.
Un échange en juillet 2014 de Mehdi Nemmouche avec un codétenu, surpris par un surveillant, apporte un éclairage glaçant et comme prémonitoire sur le futur. Mehdi Nemmouche dit que "tant qu'ils ne démantelaient pas la filière, tout irait bien".
