Permis théorique: voici la carte des centres d'examen qui recalent le plus ! (INFOGRAPHIE)
Trois mois après la réforme de l'examen du permis de conduire, le taux de réussite reste très inférieur à celui de l'an dernier.
- Publié le 24-03-2018 à 07h19
- Mis à jour le 24-03-2018 à 14h10

Trois mois après la réforme de l'examen du permis de conduire, le taux de réussite reste très inférieur à celui de l'an dernier. Un dossier de la Dernière Heure.
La fin du mois de décembre a vu les aspirants conducteurs prendre d'assaut les centres d'examen du permis théorique. La réforme, censée rendre l'examen plus difficile, ne leur avait pas échappé. Cela n'a pas raté. Selon Autosécurité, qui chapeaute la plus grande partie des centres d'examen wallons, le premier bilan, après l'entrée en vigueur du nouvel examen, était sans appel. 20,3 % de réussite seulement… Contre 34 % l'an dernier, avant la réforme. La question se posait logiquement : l'hécatombe allait-elle continuer ? Les derniers chiffres d'Autosécurité le confirment : le taux d'échec reste extrêmement important. Il s'est élevé à 23,2 % en février, et à 24,1 % pour le mois de mars (chiffres arrêtés ce vendredi). Ou 75,9 % d'échecs.
Un léger rebond, donc, qui constitue tout de même une baisse de 10 % du taux de réussite par rapport à l'an dernier !
"La tendance est tout de même positive", relativise Virginia Li Puma, responsable communication chez Autosécurité. "Il est vrai que le retour de la faute grave a un réel impact. Cela sanctionne davantage les mauvaises réponses à certaines questions. Comme par exemple : peut-on faire demi-tour sur une autoroute ? Le côté positif, c'est que depuis l'entrée en vigueur du nouvel examen, le bagage des candidats qui passent l'examen pratique est supérieur. Cela nous revient clairement des moniteurs d'auto-école. Les nouveaux étudiants sont clairement mieux préparés."
Cette réforme, portée par Carlo Di Antonio (CDH), ministre wallon de la Mobilité, n'a évidemment pas pour objectif de buser un maximum de conducteurs en herbe mais d'améliorer la sécurité routière, et faire baisser le nombre de (jeunes) tués sur nos routes.
"Au vu du prix de l'examen, fixé à 15 euros, nous avons encore beaucoup d'étudiants qui se présentent totalement impréparés pour passer le test", ajoute Virginia Li Puma. "Quand la Flandre a fait sa réforme, il a aussi fallu quelques mois pour que les choses reviennent à la normale. Nous espérons que les taux de réussite reviendront au même niveau qu'auparavant."
Pour rappel, la réintroduction de la faute grave induit une sanction plus sévère en cas de faute lors de l'examen.
Une faute grave entraîne ainsi une pénalité de cinq points.
Deux erreurs de ce type entraînent donc l'échec à l'examen, dont le seuil de réussite est fixé à 41/50.

On rate plus dans certains centres d'examen
Lobbes obtient le taux de réussite le plus bas, avec 85 % d'échecs. C'est à Louvain-la-Neuve que le taux de réussite est le plus haut
Le taux de réussite peut varier très fortement d'un centre d'examen à l'autre.
Parfois du simple au double. Il atteint 30,30 % à Louvain-la-Neuve pour les trois premiers mois de 2018, de 25,30 % à Arlon et 24,9 % à Namur. Il n'est par contre que de 15 % à Lobbes (12,30 % en janvier !), 19,6 % à Cuesmes (Mons) et 18 % à Eupen !
"Il n'y a pas vraiment d'explication à ce phénomène", admet Virginia Li Puma, responsable communication chez Autosécurité. "Peut-être le fait que Louvain-la-Neuve soit une ville estudiantine constitue une piste d'explication… "
" On voit effectivement dans les villes situées à proximité des universités que le taux de réussite est plus important. Les jeunes ont sans doute davantage l'habitude d'étudier ", abonde Marie De Backer, porte-parole du Goca. "Mais dans l'absolu, il n'y a pas de centres d'examen plus difficile qu'un autre. L'épreuve se déroule devant un écran d'ordinateur. L'explication est à chercher du côté du public qui passe l'examen. Le contexte social, économique, a un gros impact sur le taux de réussite. Cela vaut également pour le permis pratique."